Le gouvernement portugais mécontent de la réduction des effectifs militaires américains aux Açores

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Le Pentagone a dévoilé, le 8 janvier, un plan de restructuration de son dispositif en Europe afin de « maximiser » des capacités militaires et de « renforcer » ses partenariats sur le Vieux Continent. L’idée est aussi de réaliser 500 millions de dollars d’économies par an.

C’est ainsi que 15 sites militaires européens, qui accueillent actuellement des unités américaines, seront rendus aux pays hôtes. Tout en diminuant, globalement, les effectifs, ce plan prévoit le renforcement d’autres emprises.

Par exemple, au Royaume-Uni, la base de Mildenhall (3.200 personnels) sera fermée tandis que celle de Lakenheath sera la première à accueillir, en Europe, deux escadrons de l’US Air Force dotés de l’avion F-35A de Lockheed-Martin, avec à la clé une légère augmentation de ses effectifs (1.200 militaires). Les autorités britanniques n’ont pas protesté contre cette décision.

« Notre relation historique avec les États-Unis demeure plus forte que jamais, et leur décision de baser leurs premiers escadrons de F-35 au Royaume-Uni  reflète clairement la proximité de notre partenariat, ainsi que l’engagement américain en faveur de l’Otan et de l’Europe », a commenté Michael Fallon, le ministre britannique de la Défense. Ce dernier a toutefois admis que la fin de la présence américaine à Miledenhall était « décevante », tout en reconnaissant que « des changements sont parfois nécessaires ».

Le Portugal est également concerné par ces restructurations : le Pentagone a en effet l’intention de réduire les effectifs de la base – considérée jusqu’à présent comme stratégique – de Lajes, aux Açores, de 500 hommes. À terme, il n’en restera plus que 165. Ce qu’a vivement critiqué Pedro Passos Coelho, le Premier ministre portugais.

Cette décision, qualifiée de « gifle monumentale » pour le Portugal par le gouvernement régional des Açores, a un « impact financier et économique négatif pour l’île de Terceira et pour l’ensemble de l’archipel », a ainsi affirmé Passos Coelho devant les députés portugais. Et « les États-Unis ne peuvent pas l’ignorer », a-t-il ajouté. En outre, la réduction des effectifs militaires américains aux Açores aura également pour conséquence de faire baisser le nombre d’employés civils locaux de 900 à 400.

Le gouvernement portugais « n’apprécie pas la façon dont les Etats-Unis gèrent cette situation » et « demandera si nécessaire la révision de l’accord » encadrant l’utilisation de la base de Lajes par l’armée américaine, a averti Pedro Passos Coelho.

Ce dernier a dit aussi « comprendre » les restructurations prévues par le Pentagone en Europe et a même souligné « l’ouverture des États-Unis en vue de trouver, avec le Portugal, des solutions ». Mais c’était pour mieux en remettre une couche : « Évidemement, a-t-il poursuivi, jusqu’ici, nous avons eu beaucoup de paroles et peu d’actes ».

Photo : Vue de la base aérienne de Lajes

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