Le patrouilleur « La Gracieuse » a ouvert le feu sur une tapouille brésilienne

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La pêche illégale dans les eaux guyanaises est un problème ancien. Dans une étude publiée en 2012 par l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (IFREMER), il était estimé que près de 200 embarcations clandestines, originaires du Brésil et du Surinam, y pêchèrent entre 4.000 et 8.000 tonnes de poissons entre 2010 et 2011 alors que les pêcheurs locaux (une centaine de bateaux sous licence) n’en capturèrent que 3.000 tonnes.

Aussi, les incidents entre la gendarmerie maritime ou la Marine nationale avec les pêcheurs illégaux, qui utilisent des « tapouilles », sont fréquents. Ces derniers vont jusqu’à refuser les contrôles et prennent une attitude souvent hostile.

En janvier 2013, par exemple, le patrouilleur « La Gracieuse » (un P400) avait été abordée par une tapouille brésilienne qui venait d’effectuer une manoeuvre brutale pour échapper à tout contrôle. Mal en a pris à son équipage… qui, après avoir fait naufrage, a été recueilli à bord du navire français avant d’être remis à la gendarmerie maritime. Mais cela a permis à 4 autres embarcations illégalement présentes dans les eaux françaises de prendre la fuite.

Le dernier incident est presque de la même veine. Le 16 décembre, La Gracieuse et la vedette de la gendarmerie maritimeOrganabo ont de nouveau surpris une tapouille brésilienne dans les eaux guyanaises. Et comme d’habitude, l’équipage de cette dernière a voulu se soustraire au contrôle des marins français en lançant des projectiles.

Le patrouilleur a d’abord effectué un tir d’avertissement… qui est resté sans effet, puis à un tir d’arrêt (il est armé par deux canons, l’un de 40 mm, l’autre de 20mm et de deux mitrailleuses de 7,62 mm).

Par la suite, raconte la prefecture de la Guyane, « un assaut a été ordonné par le préfet délégué du gouvernement pour l’action de l’Etat en mer » au groupe d’intervention de la gendarmerie. « Quatre marins étaient en état de rébellion. Les gendarmes ont dû recourir à la force pour monter à bord. Lors de cette action de vive force, un marin brésilien a été blessé au bras. Il a aussitôt été examiné par l’infirmer de La Gracieuse, qui a révélé que son état compatible avec la poursuite de la navigation maritime », a-t-elle précisé, dans un communiqué.

Outre l’interpellation de 8 marins, cette opération a permis de saisir 432 pièces de poissons qui se trouvaient dans les cales ainsi que 30 kg de vessies natatoire.

Cela étant, les autorités françaises et brésiliennes coopérent afin de mettre un terme à cette pêche illégale. C’est ainsi que, en septembre, une opération conjointe impliquant les marines des deux pays a été effectuée, avec les patrouilleurs La Capricieuse et Bocaina ainsi qu’avec un Falcon 50 de l’aéronautique navale.

Normalement, la Capricieuse et la Gracieuse doivent être remplacés, à partir de 2017, par deux patrouilleurs légers pour la Guyane (PLG), lesquels seront adaptés aux conditions guyanaises. La notification du contrat (et donc le choix du constructeur) pourrait avoir lieu d’ici la fin de cette année. Pour rappel, la mission de ces navires ne se limitent pas au contrôle des pêches : ils sont également sollicités pour assurer la sécurité des lancements de la fusée Ariane, à Kourou.

Photo : La Gracieuse (c) Marine nationale

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