L’Inde veut conclure rapidement le contrat portant sur l’achat de 126 avions Rafale

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En janvier 2012, le Rafale remportait l’appel d’offres MMRCA (Medium Multi-Role Combat Aircraft) aux dépens de l’Eurofighter Typhoon. Depuis, des négociations exclusives ont été engagées entre Dassault Aviation et New Delhi, avec plusieurs difficultés majeures à résoudre, dont la question des transferts de technologies ainsi que celle de la production des avions en Inde.

Ces discussions prennent donc du temps. D’une part parce que les procédures indiennes sont longues. D’autre part parce que, comme l’on peut s’en douter, un contrat d’une telle importance (il est question de 12 à 15 milliards de dollars) ne se négocie pas sur le coin d’une table, entre le fromage et le dessert. En outre, le décès soudain, en 2013, du négociateur indien n’a évidemment pas fait accélérer le dossier.

Aussi, certains espérent que ce contrat ne sera pas signé. C’est notamment le cas du Royaume-Uni et de l’Allemagne, qui ne manquent pas une occasion de vanter les mérites de l’Eurofighter, quand ils en ont l’occasion, auprès des autorités indiennes. Idem pour la Russie, très critique à l’égard du contrat MMRCA, estimé inutile puisque Moscou pousse son avion furtif T-50 PAK/FA, développé en coopération (du moins en théorie) avec New Delhi.

Quoi qu’il en soit, il est hors de question pour les forces aériennes indiennes de revenir en arrière, étant donné qu’elles sont déjà à la peine pour maintenir le nombre d’escadrons de combat requis et que le remplacement de ses vieux MiG-21 est urgent. En clair, il n’est pas question de perdre du temps… Et cela d’autant plus que les discussions avec Dassault Aviation (ou du moins le GIE Rafale) sont bien avancées.

« Cela ne serait pas approprié de modifier le processus maintenant. Le gouvernement a mis en oeuvre un calendrier de travail et les choses avancent assez rapidement sur l’accord de l’avion de chasse », avait affirmé, en septembre, le général Arup Raha, chef d’état-major de l’Indian Air Force.

Le quotidien Times of India parlait, il y a peu, de discussions bouclées à 90%. Un accord a en effet été trouvé sur les transferts de technologie, de même que sur le montage industriel qui permettra à Hindustan Aeronautics Limited (HAL) d’assembler 108 Rafale localement.

« Les négociations se déroulent bien. Pour un projet de cette taille et de cette complexité, qui implique le transfert de nombreux savoir-faire à des partenaires industriels en Inde, le rythme est comparable à celui d’autres négociations », a expliqué Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, actuellement en déplacement à New Delhi, où il a rencontré son homologue indien, Manohar Parrikar, pour évoquer le contrat « Rafale ».

« Les deux gouvernements partagent la volonté de les conclure et ceci est bien sûr, essentiel. Plus vite le contrat sera finalisé et signé, plus vite les avions pourront sortir des lignes des sites de production en Inde », a encore ajouté le ministre français, qui a aussi précisé que HAL « possèdera la technologie complète et la licence pour fabriquer des appareils supplémentaires qui, en outre, pourraient être exportés ».

Comment souvent en sport, ce sont les derniers mètres qui sont difficiles. Les détails qui restent à régler concernent la responsabilité (délais, dommage) et les coûts pour les Rafale qui seront produits en Inde ainsi que le prix des 18 appareils fabriqués en France, New Delhi voulant se protéger des fluctuations monétaires.

Cela étant, un porte-parole du ministère indien de la Défense l’a encore répété : « il a été décidé que tout désaccord serait résolu de manière accélérée ». L’objectif serait de régler les derniers détails d’ici la fin de ce mois et de signer le contrat d’ici le 31 mars prochain, date de la fin de l’année fiscale en Inde.

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