Centrafrique : Les hélicoptères Tigre entrent en scène

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Si l’on ne constate plus de massacres à grande échelle en Centrafrique, il n’en reste pas moins que la situation y reste autant explosive que compliquée, avec des explosions de violence ponctuelles et des acteurs divisés, n’ayant, qui plus est, pas renoncé à en découdre.

Ayant conquis le pouvoir en chassant François Bozizé, le président alors en exercice, la coalition rebelle de la Séléka est désormais divisée. Non pas en deux factions mais en trois, chacune disposant d’un état-major distinct.

Ainsi, la semaine dernière, RFI expliquait que celle emmenée par le général Zacharia Damane, issue de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) et dont les membres appartiennent à la communauté Goula, venait de reprendre son autonomie lors d’un congrès organisé à Bria, dans l’est de la Centrafrique.

Outre la faction du général Damane, l’on compte également celle du général Ali Darrass, soutenue par la communauté des Peuls. Installée à Bambari, elle se fait appeler « Union pour la paix en Centrafrique » (UPC). La dernière est dirigée par Nouredine Adam, un général auto-proclamé qui est aussi l’un des plus puissants chefs de guerre de l’ex-Séléka. Elle vient de s’installer à Kaga-Bandoro.

Ces trois factions ont leur propres ambitions politiques et visent surtout à s’assurer le contrôle des zones diamantifères. Dans ce tableau, il ne faut pas non plus oublier les milices anti-balaka, dont certaines sont noyautées par le clan de l’ex-président Bozizé, lequel n’a pas abandonné l’idée de prendre sa revanche.

« Dans la zone de déploiement de la force Sangaris, la situation est marquée par une dynamique de politisation des différents groupes armés. Ce mouvement se traduit par un morcellement de l’ex-séléka qui découle d’un cycle d’assemblées générales qui se sont tenues dans différentes villes à l’est du pays, ainsi que par des jeux politiques au sein des différentes factions des anti-balakas. La force Sangaris reste vigilante devant cette situation qui peut aboutir donner leur à de nouvelles tensions liée à des manifestations ou à la réunion de différents responsables de mouvances », explique l’État-major des armées, dans son compte-rendu hebdomadaire.

Et cette vigilance passe par le déploiement de nouveaux moyens, qui viendront appuyer les casques bleus de la Minusca (Mission des Nations unis en République centrafricaine). La montée en puissance de cette dernière va permettre à Sangaris de réadapter son dispositif afin de se transformer en « force de réaction rapide ».

En clair, les effectifs de Sangaris vont diminuer (une compagnie de combat va rentrer prochainement en France) mais, dans le même temps, les moyens de cette force vont être plus « denses ». D’où l’envoi de deux hélicoptères d’attaque Tigre version HAD (appui/destruction). Ces appareils ont d’ailleurs effectué leur première sortie sur un théâtre d’opérations extérieur le 26 novembre.

Jusqu’à présent, le sous-groupement aéromobile (SGAM) de la force Sangaris, actuellement commandé par le lieutenant-colonel Pierre Letzelter et dont les effectifs sont fournis par le 1er Régiment d’Hélicoptères de Combat (RHC), comptait 6 Puma et 4 Gazelle.

En Centrafrique, l’activité des hélicoptères français est intense. De juin à octobre (mandat 3 du SGAM, armé par le 5e RHC) a effectué 400 missions et plus d’un millier d’heures de vol. Et cela, de jour comme de nuit, et dans des conditions souvent difficiles.

Le SGAM est essentiel aux opérations menées en Centrafrique étant donné que ses missions concernent aussi bien le soutien logistique et les évacuations sanitaires que l’appui feu aux troupes et le recueil de renseignements.

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