De mystérieux mini-drones ont survolé les installations nucléaires françaises

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Qui envoie des drones au-dessus des installations nucléaires françaises? Le 29 octobre, EDF a annoncé le dépôt du plainte après le survol de 7 centrales au cours du mois par « un aéronef assimilable à un drone ». Le premier incident aurait eu lieu, d’après le groupe, le 5 octobre, au-dessus de site de Creys-Malville (Isère).

Les suivants ont eu lieu au-dessus des centrales de Gravelines (Nord), Cattenom (Moselle), du Blayais (Gironde), du Bugey (Ain), de Chooz (Ardennes) et de Nogent-sur-Seine (Aube). Ils ont été « conséquence sur la sûreté et le fonctionnement des installations », assure EDF, qui précise que les drones en question ont été repérés par les équipes de protection des sites, généralement pendant la nuit ou à l’aube.

De son côté, Greenpeace, connue pour ses tentatives (parfois réussies) d’infiltration dans les enceintes de centrales nucléaires afin de démontrer leur « vulnérabilité », a nié toute implication dans cette affaire.

À l’antenne d’Europe1, ce 30 octobre, Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire au sein de l’ONG, a même donné d’autres éléments au sujet de ces survols mystérieux. Manifestement bien renseigné (grâce à un réseau d’informateurs, selon lui), ce responsable a ainsi affirmé que le premier incident a eu lieu le 14 septembre dernier et que, au total, 10 sites auraient été survolés par des drones, dont la centrale de Pierrelatte, exploitée par Areva, et le centre du CEA (Commissariat à l’énergie atomique) de Saclay.

Toujours d’après M. Rousselet, le dernier incident aurait eu lieu le 27 octobre. Enfin, il a aussi indiqué que, le 19 octobre, 4 sites (Bugey, Gravelines, Chooz, Nogent-sur-Seine ) ont été survolés simultanément, ce qui présage une opération « coordonnée ».

« Nous sommes très inquiets de la survenue et de la répétition de ces survols suspects sans qu’aucune réponse sur leur origine soit fournie ni par EDF ni par les forces de l’ordre », a encore fait valoir M. Rousselet, dans un communiqué.

La sécurité aérienne des centrales nucléaires relève du haut fonctionnaire de défense et de sécurité qui dépend du ministère de l’Écologie et de l’Énergie. Le survol de ces sites est interdit dans un périmètre de 5 km et à moins de 1.000 mètres d’altitude. Leur espace aérien est surveillé par l’armée de l’Air.

Justement, selon son porte-parole, le colonel Jean-Pascal Breton, cette dernière est dans « une phase d’investigation ». « Nous devons vérifier ce qui a été déclaré par les personnes qui ont vu ces drones, et qui sont souvent des gens des centrales », a-t-il expliqué. Et d’ajouter : « Simplement, nous estimons que la menace n’a pas aumgenté de façon significative ».

Le colonel Breton a par ailleurs précisé que les aéronefs en question sont « des mini-drones » comme on peut en trouver dans le commerce (Parrot, DJI Phantom). Aussi, vu la taille de ces appareils, « il n’y a pas de menace avérée contre les installations en elles-même ».

Cela étant, si la menace n’est pas avérée dans l’immédiat, qu’en sera-t-il à l’avenir? Ceux qui ont envoyé ces mini-drones ont bien une idée derrière la tête. En attendant, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a assuré que des mesures ont été prises pour « neutraliser » ces engins si d’aventure d’autres venaient à survoler à nouveau les centrales nucléaires.

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