Les pays européens ont réduit leurs budgets militaires pour faire des économies… Mais leurs dépenses publiques ont progressé

Le 3 octobre, le ministre autrichien de la Défense, Gerald Klug, présentait une nouvelle réforme des forces armées de son pays. En fait de réforme, il s’agit plutôt d’un énième plan d’économies

Au point que, en 2018, l’on pourrait se demander si la Bundesheer sera encore une armée… Avec des effectifs réduits de 1.400 de personnels et la suppression de 13 casernes afin de réaliser 200 millions d’euros d’économies par an sur un budget de près de 2 milliards (0,5% du PIB autrichien).

Aussi, autant faire l’inventaire de ce qu’il restera, ce sera plus vite fait : 23.590 militaires et civils (ces derniers représentent 1/3 des effectifs), 30 obusiers M-109 (au lieu de 145), 285 missiles anti-chars (au lieu de 350), 25 chars (au lieu de 59), 23 véhicules blindés de dépannage (au lieu de 48) et 15 Eurofighter Typhoon, déjà en nombre insuffisant pour assurer les missions de police du ciel… Quant aux avions trop âgés, comme les 27 Saab 105OE encore en service qui affichent près de 50 ans d’âge, ils prendront leur retraite en 2020.

L’Autriche ne met pas la mode au continent… La Belgique, le Portugal, l’Italie et tant d’autres ont effectué des coupes claires dans leurs dépenses militaires (à l’exception de la Pologne). D’autres limitent la casse, comme la France. Mais il ne faut pas s’y tromper : si le budget français de la Défense a le même niveau en 2015 qu’en 2011 (ce qui permet de dire aux responsables politiques qu’il a été « sanctuarisé »), cela veut dire qu’il ne prend pas en compte l’inflation… Et donc cela se traduit par une perte de pouvoir d’achat.

Cela étant, certains pays de l’Union européenne également membre de l’Otan, ont pris conscience d’avoir été trop loin dans les efforts demandés à leurs forces armées. C’est le cas, récemment, des Pays-Bas, qui ont annoncé une hausse (modeste) de leur budget de la défense pour les trois années à venir. Seulement, les capacités perdues ne se retrouvent pas en un claquement de doigt… En clair, il faudra beaucoup pour que la centaine de millions d’euros par an pour retrouver un potentiel digne de ce nom.

Mais tous ces États ont réduit leurs dépenses militaires en mettant en avant l’impératif de la baisse de la dépense publique, sur fond de crise financière et monétaire. S’il n’y avait pas d’autres solutions, pourquoi pas… Sauf que la Commission européenne vient de publier un graphique assez éloquent.

Vous pensiez que la dépense publique des 28 pays membres de l’UE a diminué entre 2007 et 2013? Eh bien vous avez tout faux : elle a progressé de 3,5% en moyenne durant cette période, alors même que le montant des budgets militaires dégringolait!

Ainsi, l’Autriche a vu ses dépenses publiques passer de 48,6% de son PIB en 2007 à 51,3% en 2013. Même chose pour celles de la Belgique, qui ont progressé de 48,2 du PIB à 54,5%. Et la France? Idem puisque que le taux était de 52.6% du PIB il y a 6 ans pour passer à 57,1% actuellement. Et la tendance a été exactement la même en Italie, en Espagne, au Portugal, etc…

En revanche, la Pologne, qui a maintenu son effort de défense – mais qui a bénéficié d’une bonne tenue de sa conjoncture économique, a réduit ses dépenses publiques au cours de cette période (41,9% du PIB en 2013 contre 42,2 en 2007).

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