Les F-16 belges et néerlandais ont effectué leurs premières frappes en Irak

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À la suite de l’aviation américaine, les Rafale de l’armée de l’Air ont été les premiers appareils européens à effectuer des frappes aériennes contre les positions tenues par Daesh (État islamique, EI) dans le nord de l’Irak. La Royal Air Force n’a pas tardé à suivre avec ses Tornado GR4 basés à Chypre. Ces derniers sont d’ailleurs intervenus en appui des forces de sécurité irakiennes au cours de la nuit du 5 au 6 octobre en larguant des bombes Paveway IV sur un bâtiment fortifié près de Ramadi utilisé par les jihadistes.

Quelques heures plus tôt, à peine opérationnels depuis leur arrivée sur la base aérienne d’Azraq (Jordanie), des F-16 belges ont été sollicités par le Combined Air and Space Operation Center (CAOC) d’al-Udeid (Qatar) pour apporter un appui aérien aux forces de sécurité irakiennes.

« Après s’être assurés de ne causer aucun dommage collatéral envers des civils innocents ou des installations, ils ont effectué leur première attaque avec succès en utilisant une arme de précision », a expliqué la Défense belge.

Le détachement belge, composé de 6 F-16 et de 120 militaires, est arrivé en Jordanie le 27 septembre, après la décision de Bruxelles de prendre part à la coalition internationale emmenée par les États-Unis contre l’EI. Deux jours plus tard, il a été en mesure de lancer ses premières missions de reconnaissance dans le nord de l’Irak.

À Azrak, le contingent belge côtoie le détachement néerlandais, fort, lui aussi, de 6 F-16. Ces derniers n’ont pas tardé à entrer en action : ce 7 octobre, deux d’entre eux ont « utilisé pour la première fois leurs armes en Irak contre le groupe terroriste EI », a indiqué un communiqué du ministère néerlandais de la Défense. « Ils ont largué trois bombes sur des véhicules armés d’EI qui tiraient sur des combattants (kurdes) peshmergas dans le nord du pays », a-t-il précisé.

La colocalisation des détachements belges et néerlandais permet des synergies entre les deux forces aériennes. Ainsi, les avions de la Koninklijke Luchtmacht ont pu effectuer leur première mission de reconnaissance dès leur arrivée en Jordanie grâce au concours des techniciens d’outre-Quiévrain, lesquels ont, d’après leur hiérarchie, « introduit les codes cryptographiques requis dans les systèmes des F-16 néerlandais ».

Par ailleurs, et alors qu’une opération commence en Irak, une autre se termine pour les aviateurs belges du 10 Wing de Kleine-Brogel, avec le retour en Belgique de 5 F-16 jusque-là engagés en Afghanistan.

Depuis le 1er septembre 2008, la composante « Air » de la Défense belge a assuré, depuis Kandahar, et au profit essentiellement de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF), 16.575 heures de vol en 5.466 sorties et 2.840 missions. Les F-16 belges ont dû intervenir en appui à au moins 407 reprises.

Dans le communiqué annonçant la fin de cette mission afghane, il est indiqué que « par 28 fois, les pilotes ont usé de leur canon de bord de 20 mm au lieu de lâcher une bombe de 250 kg, limitant ainsi le risque de dommages collatéraux ». Et cela grâce aux règles d’engagement des pilotes belges qui leur « ont octroyé une grande liberté de décision », puisqu’ils avaient toute latitude pour « décider par eux-mêmes s’il pouvaient intervenir ou non ».

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