Séoul a trouvé un accord avec Washington pour acquérir 40 avions F-35

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Initialement, les forces aériennes sud-coréennes (RoKAF) souhaitaient acquérir 60 nouveaux avions de combat pour remplacer ses F-4 et F-5 vieillissants. Trois constructeurs présentèrent une offre, dont Boeing, pour le F-15 Silent Eagle (SE) et Lockheed-Martin, pour le F-35 Lightning II. Le consortium européen Eurofighter tenta également sa chance sur ce marché traditionnellement dominé par les industriels américains de la défense avec le Typhoon.

À première vue, Boeing ne pouvait être que le favori de cette compétition dans la mesure où la RoKAF disposait déjà de F-15 d’une version précédente. Le fait est, à l’été 2013, la balance penchait nettement en sa faveur, l’Eurofighter Typhoon ayant été officieusement écarté et le F-35 étant considéré comme étant hors de portée des possibilités financières de la défense sud-coréenne.

Seulement, d’anciens généraux de la RoKAF ont publiquement pris parti pour l’avion de Lockheed-Martin. « Nous ne pouvons pas choisir des voiturettes à la place de berlines simplement parce qu’elles sont moins chères », avait lancé le général Kim Hong-rae, l’un de ses anciens chefs d’état-major. Il était ainsi reproché au F-15 SE d’être un appareil d’ancienne génération… Contrairement au F-35, toujours en cours de développement.

Le lobbying des anciens généraux fut efficace : la DAPA (l’équivalent sud-coréen de la Direction générale de l’armement française) écarta le F-15 SE. Et, plus tard, l’état-major interarmées des forces sud-coréenne fit connaître sa préférence pour le F-35A afin de « mieux répondre à l’augmentation des menaces nucléaires balistiques de la Corée du Nord ». Mais étant donné le coût de ce dernier, il fut décidé d’acquérir non pas 60 nouveaux avions comme prévu mais seulement 40. Et, en mars dernier, le gouvernement donna son accord pour cette opération. Restait donc à négocier les modalités du contrat.

Ainsi, cette semaine, et malgré de récents déboires ayant pour conséquence un interdiction de vol temporaire de l’avion de Lockheed-Martin (levée mais avec des restrictions), Séoul et Washington ont trouvé un accord dans le cadre du dispositif américain dit des « Foreign Military Sales » (FMS).

Concrétement, la Corée du Sud va donc bien commander 40 F-35A pour 7.300 milliards de won (soit 7,04 milliards de dollars). Ce prix comprend la maintenance des appareils ainsi que d’autres services associés. Mais tout de même, cela fait une dépense d’environ  175 millions de dollars… soit un montant bien au-delà des projections faites par le Pentagone (159 millions en moyenne par avion), alors que les coûts de développement ne devraient pas être inclus à l’exportation.

En contrepartie, des transferts de technologie dans 17 secteurs de production ont été consentis par la partie américaine, notamment pour aider la Corée du Sud à développer un avion de combat, le KF-X, d’une gamme intermédiaire entre le F-16 et le F-35. Ce programme, de 8 milliards de dollars, vise à produire 120 bimoteurs à l’horizon 2025.

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