L’armée de l’Air va regrouper toutes les formations initiales de ses officiers en une seule école

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Avec la réduction continue des effectifs des forces armées depuis maintenant 20 ans, la question de la pérennité des grandes écoles militaires se pose : puisqu’il y a moins d’unités et de personnels, mécaniquement, les besoins en cadres sont moindres.

En juin, le contrôleur général des armées (CGA) Jacques Feytis, directeur des ressources humaines du ministère de la Défense (DRH-MD), avait préconisé d’ouvrir les grandes écoles militaires à des élèves qui n’auront pas forcément vocation à faire une carrière militaire par la suite (comme à Polytechnique). « Il faut ouvrir le recrutement de ces écoles à des étudiants qui seront heureux de faire Saint-Cyr, l’École navale ou l’École de l’air, même s’ils n’envisagent pas d’être officiers », avait-il plaider.

Quelques jours plus tard, soit le 18 juillet, le décret n°2014-823 relatif à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr Coëtquidan allait dans ce sens, en précisant toutefois que le terme « saint-cyrien » ne pourrait s’appliquer qu’aux élèves officiers.

Pour l’armée de l’Air, dans le cadre de son plan stratégique « Unis pour faire face » lancé en 2013, l’approche sera différente puisqu’il est question d’unifier les écoles de formation initiale des officiers en un école unique, qui sera l’École de l’air, implantée à Salon de Provence.

Acutuellement, l’École de l’air recrute des élèves issus des classes préparatoires (math spé) ou déjà titulaires d’une licence de l’enseignement supérieur. C’est que l’on appelle le recrutement « direct ». L’École militaire de l’air forme quant à elle des officiers recrutés en interne : c’est le recrutement semi-direct, important pour la promotion sociale. Enfin, le Cours spécial de l’École de l’air est destiné aux cadets étrangers. Depuis sa création, il y a 40 ans, il a formé 550 élèves, issus de 27 nationalités différentes (principalement d’Afrique francophone).

Dès la rentrée 2015, toutes les formations dispensées par l’École de l’air, l’École militaire de l’air, le Cours spécial de l’École de l’air et le cours spécial de formation des officiers seront ainsi regroupés au sein d’une même structure : l’École de l’air.

Dans un communiqué diffusé cet été, la Direction des ressources humaines de l’armée de l’Air (DRHAA) précise que 4 cours seront proposés au sein de cette école unique aux élèves : diplôme d’ingénieur de l’Ecole de l’air ou master d’études politiques, licence, cours spécial réservé aux élèves-officiers étrangers et « cours consacré à la formation militaire et générale de l’officier, dédié aux officiers issus du rang, officiers sous contrat, volontaires aspirants, officiers de réserve ainsi qu’aux élèves de l’école polytechnique, de l’école nationale supérieure de techniques avancées (ENSTA-Bretagne) et aux élèves ingénieurs militaires d’infrastructure ».

« L’école formera annuellement plus de 400 aviateurs et offrira à chacun le meilleur parcours, adapté à ses qualités et à son niveau au recrutement », a indiqué la DRHAA, pour qui cette École de l’air unique « permettra de renforcer l’identité de l’aviateur et la cohésion, tout en inscrivant davantage la mission de formation dans les exigences de la société actuelle ».

Parallèlement, et comme cela a été expliqué dans un récent hors série d’Air Actualités, la politique de l’École de l’air veut mettre l’accent sur l’ouverture vers la société civile, la recherche, l’industrie et l’international. « Par exemple, l’école accueille déjà une cinquantaine de cadets étrangers qui intégreront bientôt les promotions nationales pour y suivre des formations en communs », y est-il écrit.

En outre, il est prévu de lancer le « Flying Capabilities Campus » (FCC), en partenariat avec des acteurs régionaux et le pôle de compétitivité Pégase afin de créer une « communauté d’utilisateurs de la 3e dimension autour de capacités maîtresses (recherche, innovation pédagogique, formation) ».

L’un des projets de ce FCC sera l’implantation, à Salon de Provence, d’une centre « experts drones » qui assurera, dès janvier 2015, les premières formations d’opérateurs appelés à mettre en oeuvre des appareils dits MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) comme le Reaper, des engins de moins de 600 kg et des minidrones utilisés par les forces spéciales.

En outre, il est aussi prévu d’installer à Orange, précisément dans les installations laissées par le 1er Régiment Étranger de Cavalerie (REC), parti à Carpiagne, un centre dédié à la formation militaire de tous les aviateurs.

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