La Turquie ne participerait pas aux opérations contre les jihadistes de l’EI

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Pays frontalier de l’Irak et de la Syrie, la Turquie, membre de l’Otan, ne participerait pas aux opérations contre les jihadistes de l’État islamique (EI) dans le cadre de la coalition qui est en train de se former sous l’égide des États-Unis.

« La Turquie ne participera à aucune opération armée mais se concentrera entièrement sur les opérations humanitaires », a ainsi confié une source gouvernementale turque à l’AFP. « La Turquie ne sera impliquée dans aucune opération de combat et ne fournira aucune armes », a-t-elle insisté, en précisant toutefois qu’Ankara pourrait autoriser la coalition à utiliser la base d’Incirlik pour des missions « purement logistiques ».

À bien des égards, les autorités turques sont tenues pour partie responsables de la situation actuelle, tant en Irak qu’en Syrie. Ayant pris position contre le régime de Bachar el-Assad après s’en être rapprochée, la Turquie est en effet accusée d’avoir livré aux rebelles syriens, y compris à ceux de l’EI, des armes et des équipements, notamment dans les villes frontalières. Ce que, toutefois, Ankara a toujours nié.

Il est également reproché à la Turquie de ne pas en faire assez pour limiter le flux des jihadistes qui transitent par son territoire avant de se rendre en Syrie. « La Turquie est un pays qui accueille 35 millions de touristes chaque année. Tant que l’Occident ne partage pas de renseignement, nous ne pouvons renvoyer quelqu’un en raison de son apparence », a expliqué un responsable turc.

Cela étant, depuis 2011, Ankara a renvoyé 850 aspirants jihadistes étrangers vers leur pays d’origine. Recruteur pour le Front al-Nosra, une organisation concurrente de l’EI affiliée à al-Qaïda, un certain Mourad Fares est l’un d’eux. Arrêté en Turquie puis extradé, ce 11 septembre, en France, cet individu originaire de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) a été qualifié de « particulièrement dangereux, proche des mouvements terroristes jihadistes » par le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Mais la non-participation de la Turquie à la coalition internationale peut aussi s’expliquer par le fait que l’EI détient 46 ressortissants turcs en otage, depuis la chute de la ville irakienne de Mossoul, en juin dernier. « Nos mains sont liées à cause de nos citoyens retenus en Irak », a récemment admis  Ismet Yilmaz, le ministre turc de la Défense.

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