Les États-Unis cherchent une « coalition mondiale » pour combattre les jihadistes en Irak et en Syrie

Pour le roi Abdallah d’Arabie Saoudite, l’inaction face à l’État islamique, qui a conquis des territoires importants en Syrie et en Irak et établi un califat, est « inadmissible ». Après avoir dénoncé, devant les nouveaux ambassadeurs accrédités à Riyad (dont celui des États-Unis), les exactions commises par les jihadistes ainsi que leur cruauté, le souverain saoudien a prévenu : « Ce n’est pas un secret pour vous, ce qu’ils ont commis et ce qu’ils vont commettre encore. Si on les néglige, je suis sûr qu’ils parviendront au bout d’un mois en Europe, et un mois plus tard en Amérique ».

Face à cette menace, les États-Unis mènent, depuis le 8 août, des frappes aériennes contre les positions tenues par les jihadistes dans le nord de l’Irak, en particulier près d’Erbil, capitale du Kurdistan irakien, et du stratégique barrage de Mossoul. En outre, les combattants kurdes ont reçu des armes fournis notamment par Washington, Paris et Londres.

Cela étant, le président Obama a jeté un léger froid, le 28 août, en affirmant « ne pas avoir encore de stratégie » et que les États-Unis n’étaient pas en positition de frapper les jihadistes sur le territoire syrien. Et cela alors que les responsables du Pentagone, chef d’état-major interarmées en tête, affirment que des frappes sont nécessaires en Syrie pour contrer l’EI. « Nous avons besoin d’un projet clair », a estimé le locataire de la Maison Blanche, qui a aussi insisté sur la nécessité de s’appuyer sur des « partenaires régionaux forts », dont le régime de Bachar el-Assad ne fait pas partie.

Le 30 août, les monarchies du Golfe ont fait savoir qu’elles sont prêtes à agir contre l’EI, à condition de savoir ce que Washington leur demandera dans le cadre de la coalition régionale évoquée par le chef de la Maison Blanche.

« Nous avons tous entendu ce que le président Obama a dit (jeudi) sur une coalition et sur le fait qu’il ait demandé à John Kerry (ndlr, le chef de la diplomatie américaine) de se rendre dans la région et de former cette coalitioné, a rappelé le ministre koweïtien des Affaires étrangères, Cheikh Sabah Khaled Al-Sabah, à l’issue d’une réunion du Conseil de coopération du Golfe (CCG – Arabie saoudite, Qatar, Emirats arabes unis, Oman, Bahreïn).

« Nous attendons d’avoir plus de détails pour savoir ce qui est demandé dans la prochaine phase », a poursuivi le ministre koweitien, qui a précisé que les pays du CCG n’avaient pas assez de détails concernant les intentions américaines. « Nous attendons John Kerry », a-t-il dit.

Justement, ce dernier, dans une publiée par le New York Times, a plaidé en faveur d’une « coalition mondiale » contre l’EI. Les États-Unis « ne permettront pas au cancer de l’EI de s’étendre à d’autres pays », a-t-il assuré.

Alors que le président Obama a parlé de « partenaires régionaux forts », John Kerry a indiqué qu’il cherchera, avec Chuck Hagel, le patron du Pentagone, cette « coalition mondiale », lors du prochain sommet de l’Otan, qui se tiendra les 4 et 5 septembre au Pays de Galles. Et de promettre une « stratégie » lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies en septembre.

« Nous profiterons de cette occasion pour continuer à former une large coalition et souligner le danger constitué par les combattants terroristes étrangers, notamment ceux, qui ont rejoint l’EI », a affirmé M. Kerry.

Toujours selon ce dernier, la coalition qu’il cherchera à former devra pouvoir avoir recours aux moyens « politiques, humanitaires, économiques, juridiques et de renseignement afin d’appuyer l’action militaire ».

Pour rappel, le président Hollande a l’intention d’organiser, à Paris, une conférence internationale visant à « organiser l’action internationale contre l’État islamique sur le plan humanitaire, sécuritaire mais aussi militaire ».

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