Les États-Unis vont renforcer leur présence militaire en Australie

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En novembre 2011, Canberra et Washington avaient convenus de renforcer leur coopération militaire, ce qui passait par l’installation de militaires américains (notamment de l’US Marine Corps) à Darwin, la capitale du Territoire du Nord, en Australie, ainsi que par des facilités accordés aux navires de l’US Navy.

Jusqu’alors, l’Australie accueillait sur son sol un détachement de 250 militaires américains, basés à Alice Spring, où est implantée une station d’écoutes. En outre, les deux pays ont également des accords dans le domaine spatial, ce qui s’est traduit par l’installation, sur le territoire australien, d’un radar en bande C et d’un téléscope de surveillance destinés à suivre les débris en orbite.

En outre, les forces armées australiennes sont de bonnes clientes de l’industrie américaine de l’armement. En particulier la Royal Australian Air Force, qui sera équipée par l’avion F-35 de Lockheed-Martin.

Dans le cadre d’une réunion annuelle AUSMin (format 2+2, c’est à dire associant les ministres de la Défense et des Affaires étrangères des deux pays), les États-Unis et l’Australie ont signé, ce 12 août, un nouvel accord prévoyant de déployer, d’ici 2017, 2.500 Marines à Darwin, contre 1.200 actuellement.

En fait, ce n’est pas un surprise puisqu’il agit exactement de l’effectif américain qui avait été avancé en novembre 2011 par Julia Gillard, alors à la tête du gouvernement australien. Aussi, le texte ne fait que préciser les modalités de cette présence pour une période de 25 ans.

Par ailleurs, les États-Unis et l’Australie ont indiqué, dans un commuiqué conjoint, avoir discuté du renforcement de leur coopération aérienne et navale (l’on peut supposer qu’il a été question du F-35) et d’une possible contribution australienne à un système de défense antimissile balistique pour la région Asie-Pacifique.

À ce sujet, le récent rapprochement entre le Japon et l’Australie dans le domaine militaire pourrait bien évidemment faciliter la mise en place de ce bouclier antimissile. Cependant, la Corée du Sud, qui pourrait y être impliquée, n’a pas l’air d’être trés favorable à cette idée. Ou du moins, il y a débat sur cette question…

« Cela fait déjà plus de trois ans que les Etats-Unis demandent à notre pays de participer à leur bouclier anti-missile.. Mais si la défense anti-missile de la Corée du Sud était intégrée au système américain dans la région, cela nous obligerait en pratique à aider les Etats-Unis à détecter d’éventuels missiles chinois… Ce qui ferait que notre armée sera considérée comme une ennemie potentielle par la Chine », estimait, l’an passé, Hong Hyun-ik, chercheur à l’institut Sejong à Séoul.

Car bien évidemment, la Chine suit ces évolutions de près et affirment que le pivot américain vers l’Asie-Pacifique se fait contre elle.

« Les Etats-Unis et l’Australie ont « le désir de partager le travail de mise en place d’une paix régionale et mondiale, de la prospérité, la sécurité et la stabilité », a commenté Julie Bishop, Mme le ministre australien des Affaires étrangères. Et d’insister : « Washington « se rééquilibre vers l’Asie-Pacifique. C’est donc un moyen de coopérer pour le développement économique, la paix et la sécurité ».

Même chose pour son homologue américain, John Kerry. Les États-Unis « ne cherchent ni le conflit, ni la confrontation » avec Pékin. « Nous accueillons favorablement la montée de la Chine, comme un partenaire mondial, espérons-le comme une économie puissante et comme un membre à part entière de la communauté internationale », a-t-il assuré.

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