Ventes d’armes à la Russie : Berlin fait la leçon à Paris et à Londres

La semaine dernière, et alors que les autorités russes sont accusés d’apporter un appui au séparatistes actifs dans l’est de l’Ukraine et d’avoir une certaine responsabilité dans l’affaire du B-777 de la Malaysia Airlines abattu le 17 juillet, le Premier ministre britannique, David Cameron, a vivement critiqué le contrat portant sur la livraison par la France de deux Bâtiments de projection et de commandement (BPC) à la Russie pour un montant de 1,2 milliard d’euros.

Bien mal lui en a pris puisque, dans la foulée, un rapport parlementaire a indiqué que le Royaume-Uni avait encore des licences d’exportations de vente d’armes et d’équipements militaires à destination de la Russie pour un montant de 167 millions d’euros.

Là-dessus, le ministre allemand de l’Économie, Sigmar Gabriel, qui est plus très prudent quand il s’agit de ventes d’armes, est venu mettre son grain de sel. « Nous ne livrons pas (d’armes ou d’équipements militaires) même si les contrats ont été conclus par le passé. J’aurais attendu cela aussi de la France et du Royaume-Uni », a-t-il déclaré, le 27 juillet, sur le plateau de la chaîne de télévision publique ARD.

« Dans une telle situation je trouverais approprié que la solidarité européenne permette que ces entreprises (qui doivent livrer des armes ou des équipements) ne fassent pas faillite », a ajouté le ministre allemand, en évoquant de possibles « compensations financières européennes » pour les groupes ayant des contrats en cours avec la Russie. Mais cela ne répond pas à la question de savoir ce que deviendrait les équipements produits si jamais ils ne devaient pas être livrés…

Et dans le cas de la France, cette solidarité européenne, que l’on n’a pas vu lorqu’il s’est agi de monter une opération militaire en Centrafrique, serait-elle prête à mettre 1,2 milliard d’euros sur la table? Et de payer les amendes prévues en cas de non respect des clauses contractuelles?

Quoi qu’il en soit, l’Allemagne a déjà décidé, en mars, de suspendre un contrat de Rheinmetall visant à livrer un camp d’entraînement militaire dans la région de Moscou pour 120 millions d’euros. Le même Sigmar Gabriel avait estimé que vendre des armes à la Russie était « indéfendable ».

En outre, selon Le Monde (daté du 24 juillet), qui cite le rapport annuel du ministère allemand de l’Économie sur les exportations d’armes, la Russie n’est que le 27e client de l’Allemagne en matière de matériels militaires (pour un montant de 38,2 millions d’euros en 2013). « Les exportations d’armes ne sont pas un outil de la politique économique. Elles sont un instrument de la politique de sécurité », a fait valoir Sigmar Gabriel, dans l’introduction de ce document.

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