La discrète dissolution de l’Escadron de guerre électronique 48.530

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Quand un régiment ou un escadron est dissous, cela suscite une certaine émotion au sein de la communauté militaire. Voire même au-delà. Et c’est bien légitime. Ainsi, récemment, le 110e Régiment d’Infanterie, le 4e Régiment de Dragons, l’Escadron de reconnaissance 2/33 Savoie ou encore la base aérienne de Châteaudun ont connu ce sort, comme malheureusement bien d’autres avant eux (et surtout depuis 2008).

La dissolution d’autres unités peut se faire parfois dans une relative discrétion, notamment parce qu’elle est peu connue. C’est ainsi le cas de l’Escadron de guerre électronique (EGE) 48.530, basé au Fort des Adelphes à Jeuxey, dans les Vosges. Cette unité a en effet été dissoute le 24 juin et l’armée de l’Air n’en a parlé que très récemment (le 11 juillet pour être précis).

L’histoire de l’EGE 48.530 se confond avec celle du Polygone de guerre électronique, qui, situé à la fois sur les territoires français (secteur couvrant Chenevières, Épinal et Grostenquin) et allemand (secteurs de Bann A, Oberauerbach et Bann B) a été créé en avril 1979 par la France, l’Allemagne et les États-Unis afin d’entraîner les équipages à déjouer les systèmes d’armes sol-air.

Ainsi, l’Allemagne met à la disposition de ce secteur d’entaînement son espace aérien et des systèmes d’armes réels, pendant que les Etats-Unis fournissent les programmes de restitution d’exercices EPICCCS et des simulateurs. Quant à la France, elle offre des sites en basse-altitude.

Et l’EGE 48.530 était chargé, depuis 1990, de la simulation des menaces sol-air lors d’exercices interalliés et interarmées, notamment grace à son système antiaérien mobile  à courte portée SA8 « GECKO » (ou 9K33 OSA), conçu pour détruire des avions et des hélicoptères de combat et d’origine… soviétique (il dispose également de simulateurs ZSU 23/4 et SA-6).

En juin dernier, encore, l’EGE 48.530 avait été sollicité pour une campagne de 2 jours d’exercice au profit des équipages de Mirage 2000D et de Mirage 2000N afin de les entraîner à faire face au SA-8 Gecko.

Pour autant, la menace sol-air reste une réalité. Aussi, selon l’ordre du jour de dissolution de l’EGE 48.530, les « missions d’entraînement à la guerre électronique continueront à être assurée par le polygone de guerre électronique en cours de modernisation pour l’adapter aux besoins actuels et futurs ».

Dès le 1er septembre, explique l’armée de l’Air, « les autres unités du PGE prendront le relais pour assurer les missions menées par les 23 aviateurs de l’escadron, en utilisant les moyens radars de Grostenquin, Jeuxey et Chenevièves et des moyens mobiles. La BA 133 (ndlr, Nancy-Ochey) sera quant à elle chargée de la gestion de l’espace aérien dédié au PGE ».

Enfin, au sein de ce dernier, l’armée de l’Air sera représentée par « les aviateurs intégrés au sein du centre de coordination du PGE, implanté en Allemagne, à Bann, à quelques kilomètres de la base aérienne de Ramstein ».

Photo : SA-8 Gecko… de l’armée de l’Air

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