La Russie livre des avions d’attaque au sol SU-25 à l’Irak

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Lors d’un déplacement à Damas, le 28 juin, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Ryabkov, a affirmé que Moscou ne resterait pas les « bras croisés » face à la percée des jihadistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL). « La situation est très dangereuse (…) et menace les fondements de l’Etat irakien », a-t-il fait valoir, sans pour autant dire comment la Russie allait aider les autorités irakiennes.

Quoi qu’il en soit, et alors que les forces irakiennes ont lancé une contre-offensive sur Tikrit, la ville natale de Saddam Hussein désormais passée sous le contrôle de l’EIIL, 5 avions d’attaque au sol de type SU-25 Frogfoot ont été livrés par Moscou à Bagdad. Au total, 12 appareils de seconde main rejoindront l’Irak dans le cadre d’une commande d’un montant de 500 millions de dollars (368 millions d’euros) et annoncée le 26 juin, par Nouri al-Maliki,  le Premier ministre irakien.

Pour rappel, l’Irak a commandé un premier lot de 18 F-16 auprès du constructeur américain Lockheed-Martin (après quelques tergiversations, en 2011). Seulement, ces avions commenceront à être livrés qu’à partir de septembre 2014.

Les forces aériennes irakiennes ont une longue expérience du SU-25 Frogfoot puisqu’elles en reçurent environ 70 exemplaires vers la fin des années 1980 qu’elles ont intensivement utilisés lors de la guerre contre l’Iran (plus de 900 sorties). Par la suite, lors de l’affaire du Koweït, 7 exemplaires gagnèrent le territoire iranien, et ont été, semble-t-il, récupérés par les Gardiens de la Révolution pour renforcer leur propre flotte.

Seulement, la question de savoir qui va piloter ces SU-25 Frogfoot et assurer leur maintenance se pose. « Ils viennent très vite car nous les utiliserons contre les terroristes dès que possible », a affirmé, au Globe and Mail, le général Anwar Hama Amine, le commandant de la force aérienne irakienne. Et selon lui, ces avions seront opérationnels « au cours des trois ou quatre prochains jours ».

« Nous avons des pilotes qui ont une longue expérience et nous avons bien sûr l’aide de nos amis russes et des spécialistes qui sont venus avec ces appareils afin de les préparer, » a encore expliqué le général Amine.

Seulement, si les pilotes irakiens connaissent le SU-25, cela fait quand même près de 12 ans qu’aucun n’a volé avec. Alors peut-être que piloter ce type d’appareil ne s’oublie pas (comme la bicyclette).. Il n’en reste pas moins que les vétérans de la guerre Iran/Irak ont passé l’âge et que les plus jeunes n’ont pas l’expérience opérationnelle nécessaire pour mettre en oeuvre cet appareil avec un préavis aussi court.

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