La Marine nationale ne gardera pas le patrouilleur hauturier « L’Adroit »

Développé sur fonds propres, le patrouilleur hauturier « L’Adroit » (gamme Gowind) fit l’objet d’un accord entre DCNS et la Marine nationale, lors de l’édition 2010 du salon Euronaval.

Etant donné le manque patrouilleurs au sein de la Royale (le retrait des P-400 ayant commencé), les marins y trouvaient leur compte : ils disposaient ainsi d’un bâtiment moderne, avec la possibilité de mettre en oeuvre des systèmes nouveaux ou de préciser des besoins particuliers pour le programme BATSIMAR (bâtiments de surveillance et d’intervention maritime. Pour l’industriel, il s’agissait d’obtenir le certificat « Sea Proven », c’est à dire un argument commercial supplémentaire auprès de clients potentiels.

« L’Adroit est un concept particulièrement intéressant pour la surveillance maritime. L’accord avec DCNS est une première puisqu’il a été mis à disposition de la marine, ce qui nous permet de préparer le programme BATISMAR. Il nous permet également d’expérimenter l’emploi du drone Schiebel, dont les résultats sont très intéressants. Ca ne remplace pas un hélicoptère mais c’est un vrai démultiplicateur d’effets à coût réduit », avait expliqué l’amiral Rogel, le chef d’état-major de la Marine nationale (CEMM), aux sénateurs de la commission des Affaires étrangères et des Forces armées, en septembre 2013.

Depuis qu’il a été effectivement mis à la dispositon de la Marine nationale, en octobre 2011, L’Adroit a pris part à de nombres missions comme FRONTEX (surveillance de l’immigration illicite) ou encore ATALANTE (lutte contre la piraterie). Il a également intégré la CTF 150, la force de l’Otan chargée de lutter contre le terrorisme dans l’océan Indien.

Seulement, l’accord qui lie la Marine nationale à DCNS arrive à terme en octobre prochain. Et il n’est pas question de le reconduire…

Ainsi, en réponse à une question posée par le député François Cornut-Gentille, le ministère de la Défense a indiqué qu’à ce jour, « l’essentiel des tests et expérimentations prévu sur ‘L’Adroit’ ayant été réalisé », sa restitution au groupe DCNS doit « intervenir le 21 octobre 2014 ». D’où « la réduction progressive du personnel affecté à son bord » depuis le début du mois d’avril (l’équipage B ayant été dissous).

« C’est donc dans le contexte d’un besoin en personnel qu’il a été récemment décidé de dissoudre l’un des deux équipages du patrouilleur. Dès lors, jusqu’au 21 octobre prochain (ou jusqu’à la vente éventuelle du navire avant cette date), le patrouilleur continuera d’être exploité par la Marine nationale comme plate-forme supplémentaire afin de mener des missions de sauvegarde maritime », précise le ministère de la Défense.

Pour rappel, le patrouilleur hauturier (ou OPV) L’Adroit est un navire de 87 mètres de long mis en oeuvre par un équipage de 32 marins seulement. Ayant une autonomie de 8.000 nautiques et pouvant atteindre la vitesse de 21 noeuds, il peut, selon sa configuration, être armé de canons de 20 mm et des mitrailleuses de 12,7 mm et accueillir à son bord tous les moyens nécessaires aux missions de surveillance et de police des mers (embarcations rapides, hélicoptère, drones de surveillances, capteurs de guerre électronique, etc…)

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