Bob Maloubier distingué dans l’ordre de l’Empire britannique par Elizabeth II

maloubier-20140606Qu’ont en commun le journaliste et animateur de télévision Stéphane Bern et Robert (« Bob »‘) Maloubier, un ancien agent du Special Operation Executive (SOE) pendant la Seconde Guerre Mondiale? Pas grand chose, si ce n’est que les deux hommes ont été distingués dans l’ordre de l’Empire britannique par Elizabeth II, le 5 juin, venue en France pour prendre part aux commémorations du 70e anniversaire du Débarquement.

Mis sur pied dès juillet 1940 par Churchill afin de « mettre le feu à l’Europe », le SOE était un service secret destiné à soutenir clandestinement les réseaux de résistance dans les pays occupés par l’Allemagne nazie ou encore à mener des actions de sabotage et des opérations de renseignement.

Âgé de 17 ans en 1940, Robert Maloubier se prépare à passer son baccalauréat quand commence la campagne de France (mai-juin). Suite au message du maréchal Pétain demandant à cesser le combat, le jeune homme, sur les conseils de son père, décide de rejoindre le général de Gaulle à Londres. Peine perdue. Pendant 3 ans, ses tentatives se soldent par de échecs. Finalement, s’étant engagé dans l’armée d’Armistice avec l’intention de devenir pilote et de voler un avion pour rejoindre Gibraltar, il est approché à Alger, fin 1942, par Jacques Vaillant de Guélis, qui le recrute pour devenir, comme lui, un  agent du SOE.

En août 1943, Bob Maloubier est parachuté en France, près de Louviers. À partir de ce moment, il enchaîne les sabotages au sein du réseau Salesman. Mais le 20 décembre, le hasard faisant cette fois mal les choses, il est intercepté par une patrouille de Feldgendarmes. Comme il le dit lui-même, avec une dose d’autodérision, « je suis toujours au bon endroit mais jamais au bon moment »… Quoi qu’il en soit, il réussit quand même à leur fausser compagnie, mais au prix d’une blessure par balle au poumon. Faisant preuv d’une résistance physique exceptionnelle, il parvient à semer ses poursuivants et à gagner Rouen, après 14 km de course. Il sera ensuite exfiltré vers Londres en février 1944.

En juin de cette année-là, pleinement remis, Bob Maloubier est à nouveau parachuté en France. Cette fois dans le Limousin, où avec ses compagnons, il va soutenir les maquis de la région et prendre part à la libération de Limoges. Un an plus tard, il fait le coup de main au Laos, au sein de la Force 136, une unité du SOE chargée de mener des actions subversives contre les forces d’occupation japonaises en Asie.

Après la guerre, Bob Maloubier, qui n’a que 22 ans, quitte le SOE avec le grade de capitaine et la très prisée Distinguished Service Order, reçue des mains du roi George VI. Pour autant, il ne cessera pas ses acitivités d’homme de l’ombre puisqu’il rejoint le SDECE (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage), au sein duquel il prend part  la création du Service Action. En 1952, il co-fonde, avec Claude Riffaud , l’unité des nageurs de combat.

La vie (ou les vies) de Bob Maloubier est un roman. Et il faudrait plusieurs articles pour raconter toutes les aventures qu’il a vécues.  Co-dessinateur de la montre Fifty Fathoms, produite par l’horloger suisse Blancpain pour les nageurs de combat, forestier au Gabon, où il rencontre le docteur Albert Schweitzer, employé de Shell, responsable de la sécurité du président Mba au Gabon, mêlé à l’affaire du Biafra, ainsi qu’à d’autres « coups tordus » en Afrique et au Moyen Orient… La liste est longue… Il est même apparu dans un film de Jean-Luc Godard sorti en 2010!

Depuis quelques années, l’ancien agent secret a entamé une carrière d’écrivain et publié plusieurs livres. Le dernier en date, « Les secrets du Jour J« , revient en détail sur l’opération Fortitude, destinée à tromper l’état-major allemand sur le lieu du débarquement des Alliés. Et il en a un autre sur le « métier », qui sera cette fois dédié au lieutenant-colonel Sir Claude Edward Marjoribanks Dansey, le numéro de l’Intelligence Service.

Plus : Entretien accordé par Bob Maloubier à Arte

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