Le président Poutine a supervisé plusieurs tirs de missiles balistiques

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Malgré les tensions diplomatiques et l’affaire ukrainienne, le président russe, Vladimir Poutine, devrait être présent aux commémorations du 70e anniversaire du Débarquement en Normandie.

« Je ne vois pas pourquoi on interdirait au président du peuple russe, qui a laissé 9 millions des siens dans la bataille contre le nazisme, de participer à cette commémoration en France. (…) Je pense que c’est dans l’ordre des choses qu’il vienne, ce serait une insulte à tous ces morts qu’il ne puisse pas le faire », a déclaré Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, le 8 mai.

La veille, s’agissant de l’Ukraine, le président Poutine semblait avoir changé de ton, notamment en demandant un report du référendum séparatiste pro-russe et en annonçant le retrait des troupes russes massées à la frontière.

Troupes dont la présence avait été démentie dans un premier temps (les photographies prises par satellite diffusées par l’Otan étant celles, selon un responsable russe, d’exercices réalisés en août 2013), puis confirmée après l’annonce, fin avril, qu’elles allaient retourner dans leurs bases et casernes à l’issue de nouvelles manoeuvres.

« On nous a dit tout le temps que nos troupes à la frontière ukrainienne inquiètent : nous les avons retirées, elles ne sont plus aujourd’hui à la frontière ukrainienne aujourd’hui mais là où elles mènent leurs exercices habituels », a ainsi déclaré MM. Poutine, après une rencontre avec le président de l’OSCE, le Suisse Didier Burkhalter.

Sauf que les séparatistes russes ont l’idée de maintenir leur référendum prévu le 11 mai sur l’indépendance de la « république » autoproclamée de Donetsk et que l’Otan n’a pas observé – du moins encore – de « changement significatif » à la frontière russo-ukrainienne. Idem pour la Maison Blanche. « Il n’y a pas de preuve pour l’instant qu’un retrait a eu lieu », a en effet affirmé Josh Earnest, le porte-parole adjoint du président américain Obama.

C’est dans ce contexte que les forces russes ont procédé, le 8 mai, à plusieurs tirs d’essais de missiles balistiques lors d’exercices supervisés par le président Poutine et suivis par ses homologues de 4 pays membres de l’Organisation du Traité de sécurité collective, à savoir l’Arménie, la Biélorussie, le Kirghizstan et le Tadjikistan (histoire de montrer, en plus de l’annonce d’exercices navals conjoints avec la Chine, que la Russie n’est pas si isolée que ça après l’annexion de la Crimée…).

Ainsi, un missile balistique intercontinental RS-12M Topol (code Otan : SS-27 Sickle B1) a été lancé depuis le site de Pessetsk (région d’Arkhangelsk) pour aller détruire une cible sur le polygone de Koura, dans le Kamtchatka. Un engin du même type avait déjà été tiré les 29 décembre et 4 mars dernier.

Et cet essai s’ajoute encore à celui d’un Iars (code Otan SS-X-29), un  autre type de missile balistique intercontinental, réalisé le 14 avril.

Sous les mers, les sous-marins stratégiques Toula (flotte du Nord) et Podolsk (flotte du Pacifique) ont tiré, en plongée, des missiles balistiques depuis les mers de Barents et d’Okhotsk. Les engins ont respectivement atteint leurs cibles, situées à Tchija (nord de la Russie) et Koura (nord-est).

Dans les airs, un bombardier de type Tu-95MS (photo) a quant à lui tiré 6 missiles de croisières contre des cibles d’un polygone situé dans l’ouest de la Russie.

Enfin, les Troupes russes de défense aérospatiale ont tié un engin antimissile à courte portée de type Amour pour intercepter une « balistique sur le polygone de Priozersk, au Kazakhstan ». Et le ministère russe de la Défense de préciser : « Une unité de défense antimissile des Troupes de défense aérospatiale s’est entraînée à riposter à une frappe balistique nucléaire massive ».

« Vous avez tous eu l’occasion de vous assurer de la haute préparation et de la cohésion des forces stratégiques offensives et défensives de notre pays », a commenté le président Poutine. « Notre armée est un garant fiable de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de notre pays. Elle joue un rôle essentiel dans la mise en oeuvre de la sécurité mondiale et régionale, a-t-il ajouté, avant d’assurer, plus tard, que ces  ces exercices, programmés en novembre 2013, n’étaient « pas liés aux évènements en Ukraine ».

Par ailleurs, le même jour, un groupe aéronaval, constitué autour du porte-avions « Kouznetsov », est entré dans la Manche pour ensuite se rendre dans les régions nord-est de l’Atlantique via la mer du Nord, afin « d’entraîner les équipages à agir dans les tempêtes qui sévissent souvent dans ces » zones. Comme pour l’hiver dernier?

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