Boko Haram : La France propose au Nigeria l’envoi d’une « équipe spécialisée » et ses « moyens dans la région »

L’attaque de la ville de Gamboru Ngala, située dans le nord-est du Nigeria, près de la frontière avec le Cameroun, menée le 5 mai par les jihadistes de Boko Haram aurait fait au moins 300 tués d’après les estimations données par un élu de la région. Et ce bilan n’est sans doute pa définitif.

Depuis le début de l’insurrection lancée par Boko Haram, il y a maintenant 5 ans, les victimes se comptent par milliers. Et depuis le début de cette année, le groupe terroriste multiplie les attaques du type de celle qu’il a mené à Gamboru Ngala. Outre les attentats contre les lieux de culte – généralement chrétiens – ou les assassinats de masse commis dans les établissements scolaires (Boko Haram signifie l’éducation occidentale est un péché en langue haoussa), les jihadistes nigerians s’en prennent maintenant aux jeunes filles scolarisées.

Leur chef, Abubakar Shekau, a ainsi revendiqué l’enlèvement de plus de 200 lycéennes; qu’il compte marier de force ou réduire en esclavage. Et la réprobation internationale contre ces agissements n’y font rien : le 6 mai, 11 autres adolescentes ont été kidnappés dans les villages de Warabe et Wala par des combattants de Boko Haram.

Pour faire face à cette situation et tenter de faire libérer ces jeunes filles, le président nigerian, Goodluck Jonathan, a demandé l’appui de plusieurs pays. Les Etats-Unis ont répondu à l’appel, le président Obama, qui a jugé « révoltant » l’enlèvement des lycéennes, ayant proposé l’envoi d’une équipe d’experts américains pour aider les autorités nigérianes.

Ces dernières « ont accepté notre aide, mêlant militaires, police et d’autres agences qui vont aller sur place, essayer de savoir où ces jeunes filles pourraient être et les aider », ajouté le chef de la Maison Blanche, pour qui « Boko Haram est l’une des pires organisations terroristes au niveau local ou régional, (ses membres) tuent sans pitié depuis des années ». Et d’ajouter : « Nous cherchions déjà à établir une plus grande coopération avec les Nigérians ».

Lors d’un déplacement au Nigeria, en février, le président Hollande avait affirmé que le combat mené par Abuja contre Boko Haram était aussi celui de la France. « Et nous serons toujours prêts à vous apporter non seulement notre soutien politique mais aussi notre concours chaque fois qu’il sera nécessaire », avait-il dit.

Au sujet de l’enlèvement des adolescentes nigérianes, le président Hollande a estimé, ce 7 mai, en Conseil des ministres, que « l’on a affaire à un des terrorismes les plus atroces s’agit de prises d’otages d’enfants avec trafic d’enfants derrière ». Selon le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, le chef de l’Etat a « rappelé que la France fera tout pour aider le Nigeria à pourchasser ce groupe et à retrouver les otages qui ont été enlevés ».

Plus tard, à l’Assemblée nationale, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, sous le regard approbateur de Jean-Yves Le Drian, son homologue à la Défense, a indiqué que le président Hollande avait donné instruction de « mettre les services, comme on dit, à la disposition du Nigeria et des pays voisins ».

« Une équipe spécialisée, a-t-il ajouté, avec tous nos moyens dans la région, est à la disposition du Nigeria, concrètement – chacun comprendra ce que cela veut dire – pour aider à la recherche et à la récupération de ces jeunes filles ». Et de conclure : « La France, comme les autres nations démocratiques, doit réagir. Ce crime ne restera pas impuni ».

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