Corée du Sud : Un budget de 6,8 milliards de dollars pour l’acquisition de 40 avions F-35

Initialement, la force aérienne sud-coréenne (RoKAF, Republic of Korea Air Force), souhaitait acquérir 60 nouveaux avions de chasse afin de remplacer ses F-4 et F-5 vieillisants. Une enveloppe de 7,3 milliards de dollars devait être prévue pour financer cette opération.

Trois appareils furent ensuite soumis à l’appel d’offres lancé par Séoul, dont le F-15 Silent Eagle de Boeing, le F-35A de Lockheed-Martin et le Typhoon II du consortium européen Eurofighter. Etant donné les liens stratégiques qui unissent la Corée du Sud aux Etats-Unis, l’on pouvait sans prendre le risque de se tromper qu’un avion américain allait être retenu.

L’été dernier, la balance penchait ainsi nettement en faveur du F-15 SE. Ce qui semblait un choix logique, dans la mesure où la RoKAF met en oeuvre une version plus ancienne de l’appareil produit par Boeing. En outre, le F-35A, toujours en cours de développement, paraissait hors du portée du budget alloué au programme sud-coréen.

Seulement, à quelques jours de l’annonce officielle du choix de Séoul, une lettre ouverte signée par 17 anciens généraux de la RoKAF fit subtilement campagne en faveur de l’avion de Lockheed-Martin. « Nous ne pouvons pas choisir des voiturettes à la place de berlines simplement parce qu’elles sont moins chères », lança le général Kim Hong-rae, ancien chef d’état-major de l’aviation sud-coréenne.

Finalement, la DAPA, l’équivalent sud-coréen de la DGA française, décida de rejeter la candidature du F-15 SE… Et, en novembre, l’état-major interarmées des forces sud-coréennes fit savoir sa préférence pour l’achar de 40 F-35A afin de « mieux répondre à l’augmentation des menaces nucléaires balistiques de la Corée du Nord ». Restait à attendre l’approbation de cette orientation au niveau gouvernemental. Ce qui a été fait le 24 mars.

A partir de maintenant, des négociations exclusives vont être menées entre Séoul et Washington, la vente des 40 F-35 devant se faire dans le cadre du dispositif des « Foreign Military Sales » (FMS), c’est à dire d’Etat à Etat. L’objectif est de les finaliser d’ici le 3e trimestre de cette année, avec en vue des premières livraison en 2018.

Selon Reuters, Séoul a prévu un budget de 6,8 milliards de dollars (5 milliards d’euros) pour cette acquisition. Soit presque autant que l’enveloppe initiale de 7,3 milliards non pas pour 40 mais pour 60 appareils. Pour autant, la cible finale reste inchangée : 20 avions supplémentaires pourraient être commandés ultérieurement, à l’issue d’un nouvel appel d’offres.

Cela étant, un responsable de Lockheed-Martin a indiqué que la Corée du Sud pourrait bénéficier d’une réduction de prix. « Alors que le nombre d’avions a augmenté au cours des années, les coûts sont en train de diminuer. Une fois que la production sera pleinement lancée, les coûts baisseront », a-t-il ainsi déclaré, d’après l’agence Yonhap.

Et d’avancer qu’un F-35A coûterait « entre 80 et 90 millions de dollars en 2019, lorsque la production à taux plein apportera une économie d’échelle pour les acheteurs internationaux ».

« Les prix projetés incluent les avions, les systèmes avioniques, les moteurs, ainsi que le soutien logistique et un simulateur de vol », a, de son côté, expliqué Randy Howard, le directeur en charge du développement des activités concernant le F-35 en Corée du Sud.

Mais a priori, la DAPA ne semble pas trop y croire. « Cela semble être l’estimation de prix la plus optimiste avec l’hypothèse que les ventes internationales de 3.200 F-35 se déroulent comme prévu », a affirmé l’un de ses responsables.

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