L’Otan victime d’une cyberattaque revendiquée par des « patriotes ukrainiens »

Alors qu’un référendum sur l’avenir de la Crimée est organisé ce jour, plusieurs sites Internet de l’Otan ont été visés par une cyberattaque au cours de la nuit du 15 au 16 mars. Le mode opératoire n’est pas nouveau : les pirates ont procédé à des envois massifs de requêtes vers les serveurs de l’Alliance atlantique, ce qui a provoqué la saturation de ces derniers et donc, leur indisponibilité.

« Les sites de l’Otan ont été la cible d’une « attaque importante par déni de service (DDoS) », a ainsi précisé, via Twitter, Oana Lungescu, porte-parole de l’Alliance. Dans ce type d’actions, l’intégrité des systèmes visés ne sont pas affectés. Il en aurait été autrement si les pirates avaient eu accès aux serveurs pour y effacer ou copier des données.

« Pas d’impact opérationnel (…). L’attaque n’a pas affecté l’intégrité des systèmes de l’Otan », a d’ailleurs indiqué Mme Lungescu.

Cette cyberattaque a été revendiquée par un groupe appelé « cyber berkut« , en référence à l’unité de police impliquée dans la répression des manifestants de la place Maïdan, le mois dernier, et qui a été dissoute depuis.

Ces pirates prétendent être des « patriotes ukrainiens » disant « ne pas tolérer que les troupes de l’Otan » puissent « occuper la patrie ». Ce qui peut par ailleurs sembler paradoxal dans la mesure où c’est la Russie qui tente de mettre la main sur la Crimée, province autonome ukrainienne…

Sur sa page Internet, ce groupe dénonce surtout l’arrivée à Kiev de spécialistes du Centre d’excellence de cyberdéfense de l’OTAN (CCDCOE), basé à Tallin, en Estonie.

Ce genre d’attaques par déni de service est une spécialité des groupes « patriotiques » russes, que les autorités russes qualifient « d’indépendants ». En 2007, ces derniers avaient lancée une « cyberoffensive » en utilisant ce mode opératoire contre les systèmes estoniens, alors qu’une vive querelle opposait Tallin et Moscou. Un an plus tard, une attaque similaires avait visé, cette fois, les réseaux géorgiens au cours du conflit entre la Russie et la Géorgie.

Par ailleurs, le 14 mars, le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, a exprimé sa « grande inquiétude » au sujet des « développements en Ukraine ». S’agissant du référendum prévu en Crimée, il a estimé que sa tenue serait « une violation directe de la constitution ukrainienne et du droit international » et que, par conséquent, il n’aurait « légitimité politique ».

« La Fédération de Russie doit agir de manière responsable, respecter les obligations qui sont les siennes en vertu du droit international et s’en tenir aux principes du Conseil Otan-Russie et du Partenariat pour la paix. Il faut donner au dialogue et aux négociations une chance de mener à une désescalade de la situation et à une solution politique », a-t-il ajouté.

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