Prague prolonge la location de 14 avions Gripen dans des conditions plus avantageuses

N’ayant pas les moyens d’acquérir de nouveaux avions de combat pour remplacer ses vieux MiG-21, la République tchèque prit la décision, en 2004, d’en louer auprès du constructeur Saab, après accord avec le gouvernement suédois. Le contrat prévoyait donc un crédit-bail de 10 ans portant sur 14 appareils de type JAS-39 Gripen, dont 2 biplaces pour un montant de 20 milliards de couronnes tchèques (environ 730 millions d’euros au taux de change actuel).

En 2012, le gouvernement tchèque, voyant l’échéance arriver, s’était sans tarder inquiété de la suite. N’ayant toujours pas les moyens d’acheter des avions de combat, la seule solution était de reconduire le contrat avec Saab. Seulement, Prague souhaitait obtenir quand même un rabais. Normal étant donné que la valeur des appareils loués n’était forcément plus la même qu’au départ, le temps faisant son oeuvre.

Sauf que, pour l’industriel suédois, il n’en était pas question. « Si cette attitude non coopérative et assez surprenante pour moi perdure, le contrat arrivera fin 2014 à son expiration et un appel d’offres sera lancé », avait déclaré, à l’époque, Petr Necas, alors Premier ministre. « En ce moment, je n’arrive pas à imaginer l’armée tchèque sans supersoniques, mais le fournisseur risque de nous pousser jusqu’à la situation où il ne s’agira plus de Gripen », avait-il ajouté. Dans cette affaire, étant entendu que, de toutes les façons, Prague n’avait pas les moyens de ses menaces, Saab avait toutes les cartes en main.

Finalement, un accord a été trouvé entre les deux parties. Ce qui évitera à Saab de se retrouver avec 14 Gripen sur les bras et de voir priver d’une rente annuelle, même amoindrie. Ainsi, selon le gouvernement tchèque, le contrat de location des 14 appareils a été reconduit jusqu’en 2027, avec une possibilité de le prolonger de 2 ans de plus.

« Prague va désormais payer 1,7 milliard de couronnes (621.500 euros) par an », a indiqué,  le 12 mars, le ministre tchèque de la Défense, Martin Stropnicky, selon qui le contrat comprend également la modernisation des Gripen ainsi que la formation et l’entraînement de 25 pilotes et de 90 techniciens.

Pourquoi Saab a lâché autant de lest? L’explication est sans doute à aller chercher du côté de la Slovaquie, où il est également question de louer des avions de combat en remplacement des MiG-29 utilisés par ses forces aériennes. Or, Bratislava et Prague envisagent de créer un escadron de combat commun. Du coup, pour des raisons de maintenance et de logistique, le constructeur suédois apparaît donc bien placé pour ravir un nouveau contrat.

Au total, 166 Gripen ont été mis en service dans le monde, dont 100 en Suède, 26 en Afrique du Sud, 14 en Hongrie, 12 en Thaïlande et donc 14 en République tchèque. En outre, Saab a remporté l’appel d’offres brésiliens (36 unités) aux dépens du Rafale de Dassault et du F-18 Super Hornet de Boeing et devrait livrer, sous réserve du résultat d’une votation, 22 appareils (version E/F) à la Suisse.

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