Les Etats-Unis renforcent leur soutien aérien aux pays baltes et à la Pologne

L’attitude de la Russie en Crimée, république autonome ukrainienne, a ravivé les inquiétudes que peuvent avoir les responsables des pays baltes et de la Pologne, où chaque mouvement de troupes russes fait froncer les sourcils en raison des relations difficiles et troublées entretenues avec Moscou par le passé. Cela a encore été le cas en décembre dernier, avec la diffusion d’informations faisant état d’un déploiement de missiles balistiques Iskander dans l’enclave de Kaliningrad.

Seulement, sur un plan militaire, et même si l’Estonie compte envoyer un contingent en Centrafrique dans le cadre de la future missions européenne Eufor RCA, les pays baltes ne représentent pas grand chose. La surveillance de leur espace aérien, dont les abords sont très fréquentés par les appareils frappés de l’étoile rouge, est assurée par une mission de l’Otan depuis maintenant 10 ans.

Ainsi, les Etats membres de l’Alliance se relaient pour envoyer des avions de chasse sur la base aérienne de Siauliai, dans le nord de la Lituanie. L’an passé, les Mirage F1 CR de l’escadron 2/33 Savoie s’y étaient collés pendant 4 mois.

Actuellement, 4 F-15 du  48th Fighter Wing (ou Liberty Wing) de l’US Air Force, habituellement basés à Lakenheath, au Royaume-Uni, y sont déployés. Mais, avec les évènements en Ukraine, Washington a décidé de renforcer ce détachement, avec 6 appareils supplémentaires et un avion ravitailleur KC-135.

Quant à la Pologne, qui a invoqué le Traité fondateur de l’Otan prévoyant des consultations quand un Etat-membre estime sa sécurité menacée, le Pentagone a décidé d’y intensifier ses exercices aériens conjoints avec les forces aériennes polonaises, dotées d’avions F-16

« De manière compréhensible, ils sont inquiets, ils veulent notre assurance envers leur sécurité. Durant nos conversations, nous nous sommes engagés à mettre au point des options pour fournir ces assurances et dissuader toute agression supplémentaire de la Russie », a expliqué, au sujet des reponsables polonais et baltes, le général Martin Dempsey, le chef d’état-major interarmées, lors d’une audition devant le comité des Forces armées du Sénat américain.

« Ce matin (ndlr, 5 mars), le département de la Défense prend des mesures pour soutenir nos alliés, dont l’intensification des exercices conjoints via notre détachement aérien en Pologne et l’augmentation de notre participation à la mission de police de l’air de l’Otan dans (les pays) baltes », a-t-il annoncé.

Par ailleurs, s’agissant des hommes armés présent en Crimée aux côtés des militaires pro-russes, le général Dempsey a indiqué ne pas être en mesure de dire avec certitude d’où ils viennent. Il est clair qu’il ne s’agit pas de « miliciens locaux d’auto-défense », comme l’a affirmé le président Poutine… « Je ne peux pas dire à cette heure d’où proviennent les forces militaires à l’intérieur de la Crimée », a admis le chef d’état-major interarmées, qui estime toutefois possible que ce soit des « soldats à qui on a fait enlever leur uniforme habituel (pour apparaître) comme une milice ».

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