Pour M. Le Drian, il faut mettre un terme aux exactions des milices « si besoin par la force »

Le ton se durcit à l’égard des milices qui se livrent à des exactions et à des pillages ou bien encore qui exacerbent les tensions communautaires en Centrafrique. Deux camps s’opposent : les combattants de l’ex-Séléka, qui ayant conquis le pouvoir en mars 2013, sont pour beaucoup responsables de violences commises contre les civils, et les milices anti-balakas, qui, noyautées par des militants restés fidèles au clan Bozizé (ndlr, l’ancien président centrafricain), cherchent à se venger en s’en prenant systématiquement aux musulmans.

« Aujourd’hui, nous faisons face à une situation tendue où les rancœurs et haines accumulées depuis plusieurs mois sont en train de ressortir. C’est pourquoi nous nous déployons massivement dans Bangui, à pied comme en véhicule, afin de ramener un niveau de sécurité minimal », a ainsi témoigné, dans les colonnes du quotidien « La Dépêche« , le colonel Vincent Tassel, le chef de corps du 8e Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine (RPIMa), déployé dans la capitale centrafricaine.

Face à cette situation, le chef de l’opération française Sangaris, le général Soriano, a affirmé, le 10 février, que « ceux qui se disent ‘anti-balaka’ sont devenus les principaux ennemis de la paix ». Et de prévenir qu’ils « seront chassés comme ce qu’ils sont : des hors-la-loi-et des bandits ». Quelques heures plus tôt, son homologue à la tête de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca), le général camerounais Martin Tumenta Chomu, avait dit exactement la même chose.

Ces deux officiers peuvent compter sur le total soutien du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Ce dernier, qui vient d’entamer une nouvelle tournée en Afrique, a appelé, ce 11 février, à Brazaville, les forces internationales déployées en Centrafrique à mettre un terme aux exactions. Quitte à employer la manière forte.

« Il faut que l’ensemble des milices qui continuent aujourd’hui à mener des exactions, à commettre des meurtres, arrêtent », a-t-il dit à la presse, en demandant à la Misca et la force Sangaris d’appliquer les résolutions des Nations unies, « si besoin par la force ». Et d’ajouter : « Nous poursuivons notre action de manière ferme pour l’avenir ».

Dans un entretien accordé à RFI, M. Le Drian a insisté sur la détermination française. « ll faut que ces violences-là cessent, car de toutes façons nous les ferons cesser », a-t-il insisté. « Lorsque le général Soriano s’est exprimé hier pour manifester sa colère contre les vrais ou faux anti-balaka, en tout cas contre les bandits, contre les milices qui retournent leurs armes contre la population centrafricaine, il est en pleine conformité avec ces orientations. Donc il y a de la part de la France une détermination totale qui ira jusqu’à son terme, qu’on ne s’y trompe pas », a-t-il affirmé.

Quant à l’usage de la force, elle « est autorisée par les Nations unies », a rappelé M. Le Drian. « On ne peut laisser des crimes impunis, des vengeances se développer sans qu’il soit mis obstacle à leur déroulé tragique. On ne peut laisser des bandits de grand chemin faire la loi comme ils l’entendent. Donc il y aura une grande fermeté de la part des forces françaises et africaines », a-t-il fait valoir.

Pour rappel, 1.600 militaires français ont été engagés dans l’opération Sangaris, lancée le 5 décembre 2013, suite à l’adoption de la résolution 2127 par le Conseil de sécurité. Cette force vient en appui de la Misca, qui, déployée sous l’égide de l’Union africaine, compte près 6.000 hommes.

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