Poussée de violence et nouveaux pillages à Bangui

Si la situation semble s’y améliorer, si l’on en croit les propos tenus par certains officiels français, il n’en reste pas moins que Bangui continue de connaître des sursauts de violences qui peuvent sembler irrationnels. Ainsi, au moins 10 personnes ont été tuées, dans la nuit du 8 au 9 février, au cours d’affrontements intercommunautaires.

Dans la soirée du 8, 5 personnes ont été tuées dans des circonstances qui restent à établir, dans les environs de la mairie du 5e arrondissement de la capitale centrafricaine, où un quartier « pilote » a été instauré le mois dernier par la force Sangaris pour tenter de réconcilier les communautés chrétiennes et musulmanes. Trois autres ont également perdu la vie dans des violences intercommunautaires. L’AFP précise que ce bilan lui a été confirmé par Peter Bouckaert; de l’ONG Human Rights Watch.

Des soldats rwandais de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA) ont passé la nuit dans la mairie de l’arrondissement où ils s’étaient retranchés après avoir ouvert le feu pour mettre un terme à des représailles en cours contre deux civils musulmans, accusés d’avoir tué une femme chrétienne. « C’était terrible », a témoigné l’un d’eux à l’AFP. Et pour cause : ils ont dû faire face à une foule surexcitée qui scandait des slogans hostiles, ponctués de rafales de kalachnikov.

Des scènes de pillages ont également été constatées dans ce 5e arrondissement, malgré le déploiement de militaires français et de gendarmes centrafricains. Ces derniers sont arrivés avec 3 blindés. Si cette intervention a permis de faire baisser la tension d’un cran, elle n’a pas dissuader les pilleurs.

« Malgré les remontrances des militaires français, des bandes de jeunes continuaient de venir se servir, certains équipés de brouettes ou de charrettes se glissant entre les blindés », explique l’agence de presse, selon qui les marsouins du 8e Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine (RPIMa) et les gendarmes centrafricains peinent à faire cesser les pillages. « Les Français ne vont pas nous tirer dessus », a affirmé un jeune pillard, l’air rigolard, rapporte l’AFP.

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