Une intervention militaire dans le sud de la Libye n’est « pas d’actualité », selon M. Fabius

La semaine passée, l’amiral Edouard Guillaud, qui va quitter ses fonctions de chef d’état-major des armées (CEMA) dans quelques jours, avait évoqué une intervention militaire internationale dans le sud de la Libye, qualifié de « trou noir » pouvant devenir le « nouveau centre de gravité du terrorisme ».

Ce que confirme le Premier ministre malien, Oumar Tatam Ly. « Avec une forte mobilité des groupes armés qui sont installés là-bas, qui peuvent rejoindre le Nord-Mali dans un délai très court, l’enjeu direct, c’est de reconstituer des capacités qui nous permette de sécuriser notre territoire

Lors d’un entretien accordé à RFI, le ministre nigérien de l’Intérieur, Massoudou Hassoumi, a en quelque sorte repris la balle au bond. « Les puissances qui sont intervenues en Libye pour renverser le colonel Kadhafi, à la suite de quoi la Libye est devenue aujourd’hui le principal sanctuaire terroriste, doivent faire le service après-vente. Et dans le cas de ce service après-vente, il est tout à fait légitime que la France et les Etats-Unis interviennent pour éradiquer la menace terroriste dans le Sud de la Libye », a-t-il déclaré le 5 février.

Alors qu’un communiqué publié par le Quai d’Orsay à l’issue d’une visite à Paris, le 4 février, de Mohamed Bazoum, le ministre nigérien des Affaires étrangères, a fait part de  « la proximité de nos approches et la confiance qui prévaut dans nos relations bilatérales » et de discussions ayant porté sur la situation régionale, notamment en Libye et au Sahel, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a affirmé, sur les ondes de RFI, qu’une opération militaire dans le sud libyen n’était pas envisagée à l’heure actuelle.

« Il n’est pas envisagé d’intervention militaire », a-t-il dit. L’analyse de la France est « qu’il faut conforter la stabilisation de la Libye », a-t-il ajouté, avant de préciser qu’il avait « écrit au Premier ministre Ali Zeidan [ndlr, Premier ministre libyen] pour lui proposer un certain nombre d’initiatives. » Lesquelles? L’on n’en saura pas plus… Du moins probablement pas avant une conférence ministérielle internationale prévue le 6 mars prochain, au sujet de laquelle le chef de la diplomatie français a promis de mobiliser la communauté internationale sur ce dossier.

Pas d’intervention militaire, donc. D’ailleurs, il n’en est pas non plus question pour Tripoli. « Nous examinerons ce qu’il est possible de faire pour aider nos amis libyens », a déclaré M. Fabius, en précisant que « les grands pays de la communauté internationale souhaitent qu’il y ait une stabilisation de la Libye ». Et d’ajouter : « Ce que nous avons connu au Mali, ce que nous connaissons ailleurs, nous montre qu’il ne faut pas se laisser s’enkyster une situation »

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