L’amiral Guillaud évoque une opération militaire internationale dans le sud de la Libye

L’opération Unified Protector, menée en Libye en 2011, aura été un succès militaire incontestable, le soutien à la rébellion ayant permis la chute du régime du colonel Kadhafi. Seulement, l’on sait ce que l’on perd, rarement ce que l’on gagne… Car depuis, le nouveau pouvoir en place à Tripoli a toutes les peines du monde à affirmer son autorité.

Bien sûr, des missions de conseil ont été mises en place par l’Union européenne et l’Otan. Mais, a priori, cela se révèle insuffisant. Les milices créées lors de l’insurrection libyenne (certaines l’ayant été quand le sort du colonel Kadhafi était scellé) refusent de rendre leurs armes, des réseaux criminels et jihadistes proliférent, les frontières, notamment dans le sud du pays, ne sont pas sécurisées, Benghazi et la Cyrénaïque sont le théâtre régulier d’attentats et d’assassinats contre des représentants de l’Etat libyens et des ressortissants occidentaux, des affrontements entre tribus rivales ont eu lieu à Sebha, les royalties liées à l’exploitation pétrolière n’entrent plus dans les caisses… Bref, la situation est très instable.

A plusieurs reprises, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a évoqué le sud de la Libye dans ses récentes interventions. La région tend à devenir un repaire pour les groupes jihadistes, comme l’est devenu la Cyrénaïque. Le 24 janvier, devant le le Center for Strategic and International Studies, il a ainsi affirmé que « la Libye représente un défi de premier rang » et que « nous serons obligés d’aider les pays voisins à se prémunir du chaos libyen ».

Encore chef d’état-major des armées (CEMA) jusqu’au 15 février prochain, date à laquelle il passera le témoin au général Pierre de Villiers, l’amiral Edouard Guillaud a abordé, ce jour, le cas libyen lors d’une rencontre avec l’association des journalistes de défense. Et selon lui, il faudrait faire davantage en Libye, en envisageant une intervention militaire internationale.

« L’idéal serait de pouvoir monter une opération internationale avec l’accord des autorités libyennes », a-t-il en effet affirmé. « Mais quelles autorités », a-t-il demandé. « Le problème du sud libyen, c’est qu’il faut d’abord qu’il y ait un Etat dans le Nord. Ensuite il y a plusieurs sud-libyen, il y a Koufra, à coté de la frontière égyptienne, et la zone de Sebha », a-t-il ajouté, parlant de l’existence d’un « trou noir » susceptible de devenur le « nouveau centre de gravité du terrorisme ».

Selon l’amiral Guillaud, il n’est pas le seul à estimer nécessaire une telle intervention. Cette idée serait partagée par nombre de ses homologues étrangers, qui pensent en effet qu’il « va falloir que la communauté internationale y aille mais, pour cela, il faut d’abord que le Nord soit stabilisé ».

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