Focus sur les futurs patrouilleurs légers pour la Guyane de la Marine nationale

Le patrouilleur P-400 « La Gracieuse » a effectué, le 16 janvier dernier, sa première interception de l’année d’un bateau sans pavillon pêchant illégalement dans les eaux territoriales françaises, au large de la Guyane. Au total, une tonne de poissons a été saisie.

La pêche illégale est un autre fléau qui affecte la Guyane, déjà aux prises avec l’orpaillage clandestin. Selon des estimations de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (IFREMER) publiées en juin 2012, environ 200 embarcations non autorisées, venues principalement du Brésil et du Surinam préleveraient annuellement entre 4.000 et 8.000 tonnes de poissons, soit largement plus du double que les pêcheurs guyanais, qui disposent, à cet effet, d’une licence.

Seulement, les deux patrouilleurs P-400 de la Marine nationale affectés en Guyane ne sont plus de toute première jeunesse. Et le remplacement de l’ensemble de ce type de bateau, pourtant prévu par la Loi de programmation 2009-2014 avec le programme BATSIMAR (bâtiments de surveillance et d’intervention maritime), a été repoussé à une date ultérieure par celle qui vient d’être adoptée par le Parlement. Il y a là de quoi s’interroger quand l’on sait que la France dispose de la seconde zone économique exclusive (ZEE) au monde…

Reste que la Marine nationale met en oeuvre plusieurs types de patrouilleurs différents qui arrivent, pour la plupart, en fin de vie (30 à 40 ans en 2017). D’où le risque d’une « rupture temporaire de capacité », que l’on cherche tant bien que mal à éviter en transformant des navires en patrouilleurs (comme le Malin, saisi justement lors d’une opération de surveillance).

Cependant, la LPM 2014-2019 actuellement en vigueur a prévu de doter la Marine nationale de 3 bâtiments multi-missions B2M qui seront livrés, en 2016, aux Antilles, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie. La Guyane n’a pas été oubliée car « deux patrouilleurs légers » (PLG) vont être commandés afin de permettre la poursuite des opérations de surveillance des pêches (mais aussi de contrôle quand une fusée Ariane doit être lancée).

Ces deux patrouilleurs devront être adaptés aux conditions guyanaises, c’est à dire qu’ils présenteront quelques caractéristiques techniques particulières, comme par exemple un tirant d’eau inférieur à 3,2 mètres afin de pouvoir manoeuvrer par faibles fonds, notamment dans leur port d’attache de Degrad-des-Cannes. L’on n’en savait pas plus jusqu’à la publication, en décembre, par la Direction générale de l’armement (DGA) de l’appel d’offres concernant ces navires, lequel donne quelques indications nouvelles.

Ainsi, ces PLG seront plus longs que les P-400 actuel (60 m contre 54,8 m) mais moins rapide puisqu’il y est fait mention d’une vitesse d’environ 21 noeuds  (contre 23 noeuds pour les patrouilleurs qu’ils remplaceront).

« Chaque patrouilleur sera adapté aux conditions climatiques de la Guyane (notamment forte chaleur, hygrométrie élevée et turbidité de l’eau) et armé par un équipage optimisé d’environ 22 membres. Il pourra ponctuellement accueillir jusqu’à environ 16 personnes supplémentaires », précise également l’appel d’offres. Pour rappel, un P-400 est mis en oeuvre par 4 officiers, 18 officiers-mariniers et 8 matelots et peut loger 20 passagers.

Construits sur la base d’une coque en acier, ces PLG devront pouvoir être en mesure de faire intervenir des plongeurs et disposeront de « de bonnes capacités de manoeuvrabilité ». En outre, ils seront dotés de deux embarcations rapides d’intervention. Leur autonomie sera d’au-moins 15 jours, sans approvisionnement (6 de moins que pour un P400).

Quant à l’armement de ces PLG, aucune précision n’a été donnée. Même chose pour leurs équipements électroniques. Mais il est peu probable qu’ils soient moins bien armés et équipés que les 2 P-400 qu’ils remplaceront, lesquels derniers disposent de 2 canons (1 de 40 mm et 1 de 20 mm) , de 2 mitrailleurs de 7,62 mm ainsi que 2 radars (Decca 1126 et Racal Decca DRBN-38) et un système de transmission par satellite Inmarsat mini M.

Conformément à l'article 38 de la Loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant; [Voir les règles de confidentialité].