L’Estonie déploiera un détachement de 55 militaires en Centrafrique dans le cadre d’une mission européenne

Le 20 janvier prochain, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE) prendront une décision au sujet de l’envoi d’une mission militaire en Centrafrique dont le principe a été validé la semaine passée par les ambassadeurs des Etats membres chargés des questions de sécurité. A priori, Il s’agirait de déployer l’équivalent d’un bataillon à Bangui afin d’y mener des patrouilles et d’y assurer la protection de l’aéroport.

Si cette mission militaire européenne est décidée, ce qui devrait être le cas, sauf surprise, il reste à trouver des pays contributeurs. Pour le moment, les Etats membres de l’UE ne se bousculent pas au portillon… Sauf l’Estonie.

« Le gouvernement estonien a décidé jeudi l’envoi de jusqu’à 55 soldats estoniens en Centrafrique dans le cadre de la future mission européenne de paix dans ce pays », a en effet annoncé, le 16 janvier, un porte-parole du ministère de la Défense.

Ce que le Premier ministre estonien, Andrus Ansip, a confirmé plus tard, devant la presse. « L’intervention de la France en Centrafrique a contribué à éviter une catastrophe humanitaire dans ce pays », a-t-il estimé, avant de préciser que « l’unité estonienne pourra être envoyée en Afrique à la fin février au plus tôt ».

Cela étant, et même si cet apport sera vu comme étant bienvenu, il reste à voir les militaires estioniens seront préparés à la difficile mission qui les attend. Dans un entretien accordé au Point, le général Soriano, le chef de l’opération Sangaris, en a souligné les aspects.

« Notre mission n’est pas une mission de police. Un militaire de Sangaris, en une journée, peut être amené à faire face à des mouvements de foule mais pas seulement. Les militaires peuvent être pris à partie, parfois il faut mobiliser l’ensemble de la force, avec des éléments qu’il n’y a pas dans les forces de police. Le panel d’actions est extrêmement varié, dans un contexte sécuritaire où des groupes armés récalcitrants peuvent utiliser un armement de guerre. Seule une troupe maîtrisant cet armement peut leur faire face », a-t-il dit. L’on notera que, sur la question des effectifs, le général Soriano parle beaucoup de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique, mais jamais d’une possible mission européenne…

De son côté, le ministre de la Défense, Urmas Reinsalu, a indiqué que les militaires estoniens pourraient rester en Centrafrique pendant 4 mois au maximum, où ils viendront donc en appui des forces françaises engagées dans l’opération Sangaris et des troupes africaines de la MISCA.

Au cours de ces dernières années, l’Estonie a déployé des troupes en Afghanistan (150 hommes environ) ainsi qu’au Kosovo (50 personnels), dans le cadre de l’Otan. Depuis juin 2011, une équipe de protection embarquée (EPE) estonienne prend place à bord d’une frégate française engagée dans l’opération européenne de lutte contre la piraterie « Atalanta », menée au large de la Somalie et dans l’océan Indien.

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