La France va déployer environ un millier de militaires en Centrafique pour appuyer la MISCA

Les choses se précisent au sujet de l’intervention militaire française en Centrafrique, pays où la situation est « pré-génocidaire » selon l’estimation récemment faite par la diplomatie américaine, également partagée par Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères.

Depuis la chute, en mars, du président François Bozizé, renversé par la Séléka, une coalition d’insurgés, la Centrafrique s’enfonce dans le chaos, avec le risque de devenir une base de repli pour les jihadistes et autres groupes armés, comme la LRA du seigneur de guerre Joseph Kony ou encore les  milices Janjaweed venues du Darfour.

La capitale, Bangui, est aux prises avec des bandes criminelles tandis que, dans l’ouest du pays, des comités d’autodéfense, chrétien, s’opposent aux rebelles de la Séléka, en majorité musulmans. Qui plus est, la population est aussi victime d’une crise humanitaire.

Depuis septembre, la France a pris des initiatives pour sensibiliser la communauté internationale à ce qu’il se passe en Centrafrique. Dans la nuit du 25 au 26 novembre, elle a soumis au membres du Conseil de sécurité des Nations unies un projet de résolution placé sous chapitre VII, lequel prévoit le recours à la force.

Pour Paris, l’idée est de renforcer la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA), voire de la transformer éventuellement en force des Nations unies.

Cette force panafricaine, qui sera dirigée par le général congolais Jean-Marie Michel Mokoko, doit, à terme, compter 3.600 hommes. Seulement, ses effectifs peinent monter en puissance et elle manque de moyens.

D’où l’appel de la France à mettre en place un fonds alimenté par les Etats membres afin de financer les opérations de la MISCA. Cette dernière sera soutenue par les troupes françaises, lesquelles seront autorisées à prendre toutes les mesures nécessaires à cette fin, comme l’indique le projet de résolution, lequel prévoit aussi un embargo sur les armes à destination de la Centrafrique.

Selon le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, il est ainsi question de déployer environ un millier d’hommes en Centrafrique, pour au moins 6 mois, et cela, dans les jours qui viennent. Du moins après le vote de la résolution (prévu le 2 décembre) ou le sommet de l’Elysée la paix et la sécurité en Afrique, organisé 4 jours plus tard à Paris.

Pour le moment, la France compte 420 hommes en Centrafrique, dans le cadre de l’opération Boali. Ce détachement est notamment composé par la 3e compagnie du 8e Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine (RPIMa) de Castres, qui fournit également un état-major tactique, ainsi que par le 2e compagnie du 21e Régiment d’Infanterie de Marine (RIMa) de Fréjus.

Une réserve opérationnelle (300 pax) est embarquée à bord du BPC Dixmude, qui croise dans le golfe de Guinée. Au besoin, des renforts peuvent venir du Gabon et du Tchad (où un escadron du 1e RIMa est en mission). Selon Europe1, il est question qu’un appui logistique soit fourni par le Royaume-Uni et l’Allemagne.

Cette opération n’aura rien à voir avec celle menée depuis janvier au Mali, dans la mesure où, comme l’a expliqué Jean-Yves Le Drian, il s’agit pour les forces françaises d’apporter un appui et non « d’entrer en premier » et de reconstruire un pays et non de libérer de la menace jihadiste. En clair, il n’est pas question partir à la reconquête d’un pays mais d’y rétablir l’ordre, ce qui est plus compliqué dans la mesure où l’identification des fauteurs de troubles sera plus délicate. Qui plus est, selon Souleymane Diabate, le représentant de l’Unicef en République centrafricaine, il y aurait entre 5.000 et 6.000 enfants soldats enrôlés dans les différentes milices présentes dans le pays…

La mission devrait commencer, dans un premier temps, par la sécurisation de Bangui, en mettant un terme aux activités des bandes criminelles. Ensuite, il s’agira d’aller progressivement dans les régions où des affrontements meurtriers ont lieu régulièrement.

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