Les services de renseignement britanniques font une mise au point après les révélations de Snowden

Il ne faut pas tout mélanger dans les révélations faites par Edward Snowden sur les activités de la NSA, l’agence américaine chargée du renseignement électronique au sein de laquelle il a travaillé en qualité de consultant.

D’un côté, il y a ce qui relève de l’intelligence économique, c’est à dire l’espionnage industriel et commercial, voire diplomatique. On peut penser ce que l’on veut des pratiques de la NSA mais toujours est-il que tout le monde se livre à ce genre d’activités, la différence étant que les Etats-Unis y consacrent des moyens sans doute plus importants que les autres. Encore que, il faudrait voir aussi ceux de la Chine et de la Russie, dont les opérations sont occultées par les révélations de Snowden…

De l’autre côté, il y a tout ce qui touche aux activités de contre-terrorisme ou encore de lutte contre les trafics, comme par exemple ceux liés à la prolifération d’armes de destruction massive (matières radioactives par exemple). Dans ces domaines, les agences de renseignement peuvent établir des partenariats, récolter des données (téléphoniques, écoutes, photographies satellites, etc…) et se les échanger.

C’est sur ce terrain que les responsables des services britanniques (GCHQ, MI6 et MI5) ont réagi, le 6 novembre, lors d’une audition parlementaire portant sur la nature de leurs activités, susceptibles, selon certains, de porter atteinte aux libertés individuelles. Et chose inédite, la séance a été retransmise à la télévision, avec un décalage de 2 minutes.

Ainsi, pour le directeur du MI6 (service de renseignement extérieur), John Sawers, les révélations d’Edward Snowden « ont été très préjudiciables » car « elles ont mis en danger nos opérations ». Et d’ajouter : « Nos adversaire et nos ennemis se frottent les mains. Al-Qaïda se délecte ».

Au nom du Governement Communications Headquarters (GCHQ), mis sous le feu des projecteur pour ses relations étroites avec la NSA et le programme d’écoutes « Tempora », Iain Lobban, son directeur, a rejeté l’idée selon laquelle les interceptions téléphoniques porteraient atteinte à la vie privée des sujets britanniques. Pour commencer, il a expliqué que son service capte des « discussions quasi-quotidiennes » de « groupes terroristes au Moyen-Orient, en Afghanistan et ailleurs » et que, à cause des révélations de Snowden, ces derniers pensent à abandonner des modes de communication « qu’ils perçoivent aujourd’hui comme vulnérables ».

Pour le reste, le chef du GCHQ a réfuté toute surveillance à grande échelle de la population britannique. « Nous ne passons pas notre temps à écouter les appels téléphoniques ou à lire les e-mails de la majorité (de la population), de la vaste majorité, ce serait disproportionné, ce ne serait pas légal, nous ne le faisons pas », a-t-il assuré.

« Quand on cherche dans une botte de foin, a-t-il expliqué, on doit ramasser énormément de foin mais on met de côté tout le foin qui n’est pas nécessaire ». Ce qui veut dire que « si vous êtes un terroriste ou un délinquant, il y a des chances que vos conversations soient écoutées, mais si vous ne l’êtes pas ou n’êtes pas en contact avec eux, vous n’êtes pas écoutés », a-t-il ajouté. Reste à savoir ce que devient le foin une fois que l’aiguille a été trouvée…

Quant à Andrew Parker, le patron du MI5 (renseignement intérieur), il a indiqué que pas moins de 34 complots terroristes avaient été déjoués, au Royaume-Uni, depuis les attentats de Londres de juillet 2005, dont « un ou deux majeurs chaque année ». En outre, ce responsable a révélé que « quelques centaines » d' »habitants » du Royaume-Uni se sont rendus en Syrie pour participer aux combats aux côtés des groupes jihadistes.

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