Un rapport canadien pointe les conséquences des opérations extérieures sur les familles des militaires

Quand un militaire est déployé sur un théâtre d’opérations extérieur, il ne faut pas oublier qu’il laisse généralement derrière lui sa famille. Et le quotidien de cette dernière, pendant que dure la mission, n’est pas toujours facile à vivre.

Ce que les proches de soldats savent, un rapport canadien, vient de le confirmer en donnant plus de précisions sur cette réalité. Ainsi, l’ombudsman (équivalent de médiateur en France) des forces armées canadiennes s’y est intéressé de près en publiant une étude réalisée auprès de 370 familles.

Il en ressort que « l’absence prolongée de parents militaires n’est pas sans conséquence pour la santé et le rendement scolaire de leurs enfants ». Ces derniers sont en effet affectés par des problèmes de stress et des troubles du sommeil et il se trouve qu’ils sont « plus distraits » quand leur parent est en mission à l’étranger.

« L »absence du foyer, en particulier les déploiements vers des zones de mission explosive, a une incidence importante sur les enfants. Des recherches scientifiques, corroborées par les familles ainsi que les fournisseurs de services et le personnel connexe, démontrent qu’un déploiement peut modifier les relations avec le parent en déploiement, parfois de façon permanente. Les enfants peuvent assumer plus de responsabilités lors des déploiements, en particulier à l’égard des frères et des sœurs ainsi que des obligations ménagères. En retour, ces situations peuvent aussi donner lieu à des problèmes émotionnels, disciplinaires et de comportement chez les enfants qui n’avaient pas présenté une telle inclination avant le déploiement », peut-on lire dans le rapport.

En outre, cela joue sur leur scolarité. « Il y a une recherche scientifique qui renforce la théorie selon laquelle les enfants de militaires dans des écoles peuplées d’enfants militaires et civils peuvent se sentir isolés et ostracisés, en partie parce que leurs expériences ne sont pas bien comprises par le personnel scolaire et leurs pairs. Cela a été fortement corroboré par de nombreuses familles de militaires interviewées », souligne l’étude.

Un autre aspect souligné dans le rapport concerne la vie de couple. Dans certains cas, il a été constaté qu’il fallait au moins un an après le retour d’une mission pour qu’un militaire puisse reformer ses liens familiaux et retrouver ses repères.

« Bien que les familles de militaires soient généralement comme les autres, trois aspects les distinguent: la mobilité, la séparation et le danger », a expliqué l’Ombudsman.

Mais les déploiements à l’étranger ne sont pas les seuls à avoir des conséquences sur les familles : les changements d’affectation fréquents aussi. Là encore, elles ne sont guère éloignées des réalités que peuvent vivre les militaires français, comme par exemple les difficultés pour l’épouse ou l’époux de retrouver un emploi stable ou se loger à un prix abordable.

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