Un mécène va financer une partie du défilé prévu pour la fête nationale grecque du 28 octobre

La Grèce a la particularité d’avoir non pas une mais deux fêtes nationales, donnant lieu chacune à un défilé militaire, l’un organisé à Athènes le 25 mars, l’autre à Thessalonique, le 28 octobre. La première célèbre l’indépendance du pays par rapport l’Empire ottoman tandis que l’autre commémore le « non » opposé en 1940 à l’ultimatum lancé par Mussolini, lequel exigeait la capitulation des forces grecques face à ses troupes.

La crise de la dette n’a pas remis en cause l’organisation de ces deux défilés militaires. Mais étant donné la nécessité de faire des économies, il avait été décidé de laisser les véhicules blindés dans les garages. Cependant, le ministère grec de la Défense a annoncé le retour de ces engins à l’occasion de la parade du 28 octobre prochain. De quoi irriter certains en Grèce, qui voient là une dépense inutile.

Sauf que, et c’est sans doute une première, le carburant nécessaire à ces blindés sera fourni gracieusement par une entreprise privée, dont l’identité n’a pas été précisée par Dimitris Avramopoulos, le ministre grec de la Défense. Mais selon l’agence ANA, il pourrait s’agir de la société Motor Oil Hellas, qui appartient à l’un des familles les plus riches en Grèce.

Par souci d’économies, les unités qui défileront seront celles qui sont stationnées dans la région de Salonique, où du moins à proximité. « Les parades militaires seront menées dans la gloire et l’honneur, pas dans la misère », a affirmé le ministre.

Depuis le début de ce que l’on appelé la « crise grecque », les autorités d’Athènes ont été critiquées pour le niveau de leurs dépenses militaires. Mais cela arrangeait bien quelques pays exportateurs de matériels de guerre, comme l’Allemagne ou la France. En attendant, de plan de sauvetage en coupes sombres, la Grèce va perdre ce qui lui restait de son industrie de défense, laquelle, composée notamment d’EAS, EAB et ELBO, devra être restructurée, soit par privatisation, soit par liquidation.

« La Troïka  (UE, BCE et FMI) impose la fermeture de notre industrie militaire. Cette incroyable intervention au cœur même des intérêts vitaux de notre pays est une véritable provocation », a ainsi récemment commenté un délégué syndical de l’une des usines devant prochainement fermer. Restera donc les défilés militaires… sponsorisés.

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