Moscou propose à Damas de mettre son arsenal chimique sous contrôle international

Pour le ministre russe des Affaires étrangères, il ne fait aucun doute qu’une intervention militaire contre le régime de Bachar el-Assad déstabiliserait le Moyen-Orient.

« De plus en plus d’hommes politiques, de responsables gouvernementaux partagent notre opinion selon laquelle un scénario de force mènera à une explosion de terrorisme en Syrie et dans les pays voisins, et à un important flux de réfugiés », a-t-il expliqué, ce 9 septembre, depuis Moscou, à l’issue d’une rencontre avec Walid Mouallem, son homologue syrien.

D’où la volonté affirmée de la Russie de chercher une solution politique à la crise syrienne, qui passerait par une conférence internationale. Une telle idée a déjà été proposée en mai dernier mais elle n’a pas pu se concrétiser jusqu’à présent, en partie à cause des tensions russo-américaines.

« Nous sommes en effet prêts à participer à une rencontre à Genève sans conditions préalables », a fait savoir Walid Mouallem. « Nous sommes aussi prêts au dialogue avec toutes les forces politiques syriennes qui veulent le rétablissement de la paix dans notre pays », a-t-il ajouté, en précisant toutefois qu’en cas de frappes, la position du régime syrien serait revue.

En l’état actuel des choses, il n’est guère probable qu’une telle conférence internationale puisse avoir lieu… Aussi, chef de la diplomatie russe a émis une autre idée : celle de proposer à Damas de placer son arsenal chimique sous contrôle international afin d’éviter l’intervention militaire qui n’attend que le feu vert du Congrès américain (lequel feu vert n’est pas encore acquis).

« Nous appelons les dirigeants syriens à non seulement accepter de placer sous contrôle international leur stock d’armes chimiques, et ensuite à le détruire, mais aussi à rejoindre pleinement l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques », a déclaré, plus tard, Sergueï Lavrov.

« Nous avons déjà transmis cette proposition au ministre syrien des Affaires étrangères, M. Mouallem, qui se trouve à Moscou, et espérons une réponse rapide et positive », a-t-il poursuivi. « Nous ne savons pas si les Syriens sont d’accord avec cela, mais si la mise sous contrôle international des armes chimiques dans ce pays permet d’éviter des frappes, nous nous mettrons rapidement au travail avec Damas », a-t-il assuré.

En fait, cette idée semble avoir été inspirée par John Kerry, le secrétaire d’Etat américain. En effet, ce dernier avait déclaré, un peu plus tôt, à Londres, que le régime syrien pourrait éviter une intervention militaire en mettant justement son arsenal chimiques sous contrôle.

« Bien entendu il (ndlr, al-Assad) pourrait restituer l’intégralité de son arsenal chimique à la communauté internationale, dans la semaine à venir, tout rendre, tout sans délai (…) Mais il n’est pas prêt de le faire, et il ne le peut pas », avait-il déclaré.

Cepedant, les propos de John Kerry ont fait l’objet d’une mise au point par le porte-parole du département d’Etat, Jen Paski. Selon ce dernier, la déclaration du chef de la diplomatie américaine ne « ne saurait être interprétée comme un ultimatum ou à une offre de négociation à l’adresse d’un dictateur brutal indigne de confiance. »

« Le secrétaire d’Etat se livrait à un argument rhétorique sur l’impossibilité et l’improbabilité de voir Assad rendre des armes chimiques qu’il a démenti avoir utilisées », a encore fait valoir le porte-parole.

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