Le ministre de la Défense avance les objectifs d’une intervention militaire contre le régime syrien

A l’occasion de débat parlementaire sur la situation en Syrie, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a avancé les raisons pour lesquelles Paris estime que le régime de Bachar el-Assad est le responsable de l’attaque chimique lancée le 21 août dernier dans la banlieue de Damas.

Pour commencer, et ce n’est pas vraiment une révélation, le régime syrien dispose de stocks conséquents d’armes chimiques, accumulés depuis au moins les années 1970 avec le soutien de l’URSS. Pour Damas, il s’agissait de se doter de capacités pouvant lui permettre de rivaliser avec Israël, pays dont l’on sait qu’il détient des armes nucléaires, même s’il maintient l’ambiguïté sur ce sujet.

Aussi, il n’y a donc rien de surprenant dans les affirmations du ministre concernant les « mille tonnes d’agents chimiques » détenus par le régime syrien. En revanche, M. Le Drian a indiqué que ce dernier a « déployé les vecteurs nécessaires pour les utiliser » et qu’il « les a utilisés », en faisant référence à ce qu’il s’est passé en avril dernier à Saraqeb et Jobar.

Dans le cas de l’attaque du 21 août, tout désignerait le régime de Bachar el-Assad comme le seul et unique responsable. Parce que, selon le ministre, des « préparatifs spécifiques » ont été réalisés les jours précédents, que les tirs sont partis de positions tenues par les forces gouvernementales, que l’assaut « complexe », a été donné « conformément aux tactiques de l’état-major syrien », qu’il y a eu une volonté de faire disparaître les preuves en ayant recours à des bombardements des sites touches ainsi qu’à des incendies volontaires « faire évaporer les gaz » et que Damas redoutait une « offensive imminente de l’opposition dans des quartiers sensibles, en particulier dans des quartiers Ghouta ouest et Ghouta est où se trouvent les deux aéroports de la région. »

D’où la conclusion de M. Le Drian : seul le régime syrien « pouvait engager par ses moyens une intervention d’une telle dimension » étant donné que « nous n’avons jamais eu, ni nous ni nos partenaires, ni nos services ni les services de nos partenaires, le moindre indice, la moindre preuve de possession et encore moins d’emploi d’agents chimiques par l’opposition syrienne, a fortiori dans des telles quantités. »

« C’est une attaque massive tuant des centaines de civils, engagée par le régime qui poursuit son œuvre de terreur et de liquidation de son peuple comme l’a dit Bachar el-Assad dans une interview récente », a souligné le ministre. A noter que l’on ne connaît toujours pas le bilan de cet assaut sur la Ghouta orientale… Selon les sources, il y aurait eu entre 281 et 1.400 tués.

Après avoir expliqué pourquoi la France rendait Bachar el-Assad responsable de cette attaque chimique, Jean-Yves Le Drian a avancé les objectifs politiques et militaires, « parfaitement clairs et circonscrits » qu’une intervention armée devrait permettre d’atteindre.

« Il s’agit d’une part de sanctionner l’emploi d’agents chimiques par Bachar entre les populations civiles et il s’agit d’autre part de le dissuader de recommencer et de rétablir l’interdiction d’emploi d’armes de destruction massive », a ainsi déclaré le ministre. « Ces deux objectifs doivent permettre de définir une réponse ferme, significative, ciblée et proportionnée à la violation d’une norme essentielle du droit international », a-t-il poursuivi.

Aussi, la planification militaire repose sur trois principes : « pas d’intervention au sol, une action de rétorsion contre les capacités syriennes et une limitation stricte des dommages collatéraux », a détaillé M. Le Drian. Il ne s’agit pas, a-t-il précisé, de « renverser le régime syrien mais » de « changer la dynamique politique en mettant fin à cette logique d’impunité du régime aujourd’hui. »

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