Deux colonels « saqués » après une réunion houleuse du Conseil supérieur de la fonction militaire?

Si l’on en croit la publication confidentielle « La Lettre A« , la dernière réunion du Conseil supérieur de la fonction militaire (CSFM), organisée le 21 juin dernier à l’Ecole Militaire, a été pour le moins houleuse. Ce qui a été confirmé par d’autres sources, et en particulier par Jean Guisnel, de Défense ouverte.

Ce dernier précise d’ailleurs que les échanges y ont été vifs, avec des « expressions verbales étonnement fortes ». Les sujets de fâcherie ne manquent pas actuellement, notamment si l’on songe aux tableaux d’avancement bloqués ou encore – et surtout – aux dysfonctionnements dans le paiement des soldes. Mais ce qui aurait mis le feu aux poudres serait une proposition visant à supprimer les primes de TAOPM (temps d’activité et d’obligations professionnelles des militaires) et les indemnités de garde de week-end. Et cela afin d’économiser annuellement une dizaine de millions d’euros sur les dépenses de personnel.

Certes, il n’y a pas de petites économies. Mais quand l’on sait que la dette de la France s’élève à 1.833,8 milliards d’euros, voire même à 4923,8 milliards si l’on prend les engagements de l’Etat comptabilisés dans le « hors-bilan », dixit le dernier rapport de la Cour des comptes, le montant de la prime TAOPM paraît bien dérisoire à côté. La supprimer revient à rogner sur les bouts de chandelle, histoire de se donner bonne conscience et se dire que l’on fait des efforts…

Cette idée aurait été émise par Anne-Sophie Avé, la conseillère sociale du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Qui plus est, le cabinet de ce dernier aurait même demandé que deux colonels, l’un étant affecté bureau Fonction militaire de l’EMA, l’autre étant secrétaire général du CFM-Terre, soient sanctionnés après cette réunion mouvementée.

Ce que le cabinet du ministre dément formellement. Pour ce qui concerne les mesures soumises lors de la réunion, il avance qu’elles ont été suggérées par le major général Pierre de Villiers, le numéro deux de l’Etat-major des armées (EMA). Idem pour la demande de sanctions à l’égard des deux officiers. Tout juste a-t-il demandé des « explications » pour connaître les raisons qui les ont poussés à « combattre » des propositions de l’EMA au cours de la réunion en cause.

Seulement, selon la version qui circule dans les milieux militaires et dont Jean Guisnel s’est fait l’écho, les faits seraient tout autre. Ainsi, selon des sources militaires concordantes, il apparaît qu’Anne-Sophie Avé aurait été désavouée par Jean-Yves Le Drian, lequel a décidé d’abandonner tout idée de suppression des primes TAOPM. Ce qui veut dire que le général de Villiers n’est pas proposé ces mesures contreversées.

Quant aux sanctions demandées à l’encontre des deux colonels, elles ont été confirmées par un officier « exaspéré ». « Au moment où le CSFM remplit son rôle en toute transparence, dignité mais fermeté, le cabinet lance une chasse aux sorcières punitive. Afin de ne pas être trop voyant, il ne vise pas directement les membres du CSFM, mais les officiers d’état-major qui travaillent avec eux et qui ont toujours cherché à ce que la concertation conserve sa dignité et son caractère réglementaire », a-t-il confié au journaliste du Point.

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