Deux militaires de la base navale de Toulon arrêtés dans le cadre d’une affaire de terrorisme

Le 19 septembre dernier, une épicerie casher était la cible d’une attaque à la grenade à Sarcelles (Val d’Oise). L’enquête concernant cet attentat a permis de démanteler, trois semaines plus tard, un groupe jihadiste décrit par le procureur de la République de Paris, François Molins comme étant « probablement le plus dangereux mis au jour depuis 1996 en France. »

Cette cellule jihadiste avait le projet de commettre des attentats en France tout en mettant sur pied une filière pour envoyer des candidats au jihad en Syrie.

Dans le cadre de cette affaire, un certain Jérémy Sydney, 33 ans, a été tué après avoir ouvert le feu sur les forces de l’ordre venues l’interpeller à Strasbourg. D’autres arrestations ont eu lieu quelques jours plus tard, notamment à Torcy (Seine-et-Marne) et à Cannes. Au total, 10 personnes ont été mises en examen, dont 7 sont toujours écrouées. Pour la plupart, il s’agit d’individus radicalisés après leur conversion à l’islam.

L’enquête a connu un nouveau rebondissement avec l’arrestation de 5 autres personnes, le 17 juin. Et parmi ces dernières, nous apprend Europe1, figurent deux marins de la base navale de Toulon. Ces deux militaires ont été interpellés par la DCRI (Direction centrale du Renseignement intérieur) et la SDAT (Sous-direction anti-terroriste), avec le concours de la DPSD (Direction de la Protection et le Sécurité de la Défense).

Le premier est un fusilier-marin accusé d’avoir volé du matériel militaire pour le revendre à un autre marin, qui, âgé de 23 ans, quittera la Marine nationale en juillet prochain, son contrat de 4 ans arrivant à terme.

Pourquoi les enquêteurs se sont-ils intéressés à ces deux-là? Selon Europe1, le receleur du matériel volé a un frère qui combat actuellement les forces de Bachar el-Assad aux côtés des jihadistes.

C’est en étudiant l’entourage de ce dernier que les policiers ont fait le lien avec le jeune marin en poste à Toulon, dont la garde à vue a été prolongée jusqu’à ce 20 juin. Il s’agit pour les enquêteurs de déterminer si ses achats d’équipements militaires étaient destinés pour lui-même – il doit se reconvertir dans la sécurité privée – ou bien  servir à alimenter une réseau terroriste.

Quant au fusilier-marin, il a été relâché après deux jours passés en garde à vue. Son cas, qui n’intéresse pas l’antiterrorisme, va être confié à la gendarmerie maritime. Mais a priori, sa carrière au sein de la Marine nationale va se terminer plus vite qu’il ne l’aurait voulu.

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