Les Nations unies placent la Polynésie française sur une liste de territoires à « décoloniser »

La Polynésie française bénéficie déjà d’une très large autonomie par rapport à la France, laquelle y a conservé des compétences régaliennes. Mais, visiblement, cela n’est pas encore suffisant pour certains, dont l’indépendantiste Oscar Temaru, qui vient de perdre les éléctions territoriales du 5 mai au profit du parti autonomiste ahoeraa Huiraatira de Gaston Flosse.

Qui plus est, à l’initiative de trois petits Etats du Pacifique – Iles Salomon, Nauru, Tuvalu – une résolution plaçant la Polynésie française sur la liste des territoires à « décoloniser » a été adoptée, ce 17 mai, par consensus, au cours d’une séance de l’Assemblée générale des Nations unies.

Ce texte affirme ainsi le « droit inaliénable de la population de la Polynésie française à l’autodétermination et à l’indépendance, conformément à la Charte de l’ONU (ndlr, article 73 sur les territoires non autonomes) » et invite le gouvernement français « à faciliter et accélérer la mise en place d’un processus équitable et effectif d’autodétermination en Polynésie. »

Théoriquement, cette résolution devrait donc aboutir à l’organisation d’un référendum d’autodétermination, au cours duquel la population de la Polynésie française aurait à se prononcer sur l’indépendance de l’archipel. Mais, en pratique, il en va tout autrement. Ainsi, le Royaume-Uni, qui s’est d’ailleurs démarqué du consensus, est toujours passé outre alors les îles Falklands et Gibraltar ont fait l’objet d’une procédure similaire.

Outre le Royaume-Uni, d’autres pays ont marqué leur désapprobation à l’égard de cette résolution. C’est notamment le cas des Pays-Bas et des Etats-Unis, lesquels ont fait valoir que les partis indépendantistes polynésiens avaient perdu les dernières élections territoriale. Ce à quoi Collin Beck, l’ambassadeur des Îles Salomon, a répondu que ce scrutin n’a pas valeur de référendum.

La Polynésie française apporte au domaine maritime français quelques 5.030.000 km2. Elle donne aussi à la France une position stratégique de premier choix dans le Pacifique, région qui tend à prendre de plus en plus d’importance étant donné qu’autour de cet océan vit près de la moitié de la population mondiale et que presque toutes les grandes puissances y sont présentes (Russie, Chine, Etats-Unis, mais aussi Japon, Corée du Sud, sans oublier l’Indonésie, premier pays musulman du monde).

Qui plus est, la Zone économique exclusive (ZEE) de la Polynésie française recèlerait, si l’on en croit les résultats d’une exploration menée en 2010 par une équipe de l’Université de Tokyo, des dépôts offshores de terres rares, indispensables pour l’industrie électronique. L’existence possible de ces ressources a d’ailleurs fait récemment l’objet d’un rapport de l’IFREMER.

Aussi, la France a tout intérêt à veiller sur l’archipel polynésien, et surtout à imaginer un mécanisme qui permettrait à la population locale de profiter de la manne que pourrait représenter l’exploitation de ces gisements de Terres rares, lesquels permettraient à l’Hexagone de détenir entre 30 et 50% du marché mondial. De quoi casser le monopole de la Chine…

Pour le moment, cette ZEE est surveillée par le patrouilleur Arago et la frégate Prairial, qui embarque un hélicoptère Alouette III, ainsi que par trois avions Guardian de la Flottille 25F et deux Dauphin N3 de la 35F. L’armée de l’Air y dispose deux appareils de transport Casa 235 de l’ETOM 0082. Enfin, l’armée de Terre y est présente avec un détachement « Terre/Polynésie » (DTP/RIMaP-P).

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