Mali : Les rebelles touareg du MNLA refusent de déposer les armes

Gagner la paix au Mali ne sera décidément pas une mince affaire. Si l’intervention française lancée le 11 janvier dernier a permis de « casser les reins » des organisations terroristes qui, établies dans le nord du pays, menaçaient la capitale, Bamako, il n’en reste pas moins que d’autres difficultés subsistent, à commencer par la nécessité d’établir un dialogue entre les autorités maliennes et la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), qui est à l’origine de la situation actuelle.

Comme l’a affirmé, le 6 avril dernier, Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, cela passe par le désarmement de tous les groupes armés présents au Mali et la tenue d’élections afin de rendre au pouvoir malien la légitimité perdue après le coup d’Etat fomenté par le capitaine Sanogo en mars 2012.

Seulement, le MNLA ne l’entend pas de cette oreille. Cette organisation qui avait lancé une offensive foudroyante au Nord-Mali au début de l’année dernière avec l’appui d’al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), du Mouvement pour l’unité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et Ansar Dine, avant de s’en faire chasser par ces derniers, refuse de rendre les armes avant les prochaines élections prévues en juillet prochain.

« Le désarmement du MNLA, il n’en est pas question. Est-ce qu’on a déjà vu un groupe armé désarmer tant qu’il n’y a pas eu négociations?, a lancé le vice-président du mouvement, Mahamadou Djeri Maïga, lors d’une conférence de presse donnée à Paris le 24 avril. Quant aux élections, « il n’en est pas question dans les conditions actuelles », a-t-il ajouté.

Pire encore. Alors que les troupes françaises engagées dans l’opération Serval ont amorcé leur désengagement du Mali, le MNLA, qui contrôle la ville de Kidal, y refuse toute présence de soldats maliens.

« Si l’armée malienne monte à Kidal, nous n’aurons pas d’autre choix que nous défendre. On n’a pas déposé les armes », a averti Mahamadou Djeri Maïga. « C’est une guerre qui est imminente, pas des élections », a-t-il poursuivi.

« Les Français et les Tchadiens ne vont pas rester éternellement c’est à nous de nous sécuriser. Les forces armées, les gendarmes et la police doivent être issues de la population de l’Azawad. Nous voulons nous autogérer », a-t-il insisté.

« Tant qu’on ne se sera pas mis autour d’une table avec les représentants du gouvernement de Bamako et la communauté internationale pour nous apporter des garanties, tant que les réfugiés ne seront pas rentrés chez eux, on ne parlera pas d’élections », a encore avancé M. Maïga.

Qui plus est, le MNLA et le Mouvement islamique de l’Azawad (MIA), issu d’une scission du groupe jihadiste Ansar Dine opérée opportunément lors de l’avancée des troupes françaises vers Kidal, collaborent désormais.

Les circonstances de ce rapprochement ne sont pas très claires. Le MNLA prétend que les combattants du MIA se sont ralliés à lui sans condition et qu’il n’est pas question de faire de la place aux dirigeants restés trop proches des jihadistes.

Quant au MIA, il n’est pas question de « ralliement » mais d’une coopération, avec un commandement militaire conjoint. Il s’agit, selon lui, de se montrer « unis » lors des négociations à venir avec Bamako.

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