La Chine fait un léger effort de transparence avec la publication de son dernier Livre blanc sur la Défense

Le moins que l’on puisse dire est que la préparation d’un Livre blanc sur la Défense ne suscite guère de difficultés particulières. Alors qu’en France, le 4e depuis 1972 est attendu non sans impatience (il aurait dû être bouclé depuis février…), la Chine en est à son 8e en 14 ans. Et le dernier, très concis, vient d’être rendu public.

Ainsi, ce nouveau document de référence affirme que « la Chine ne prétendra jamais à l’hégémonie ni ne se comportera de manière hégémonique. Elle ne s’engagera également jamais dans une expansion militaire » et met en avant un concept de sécurité basé sur la coopération.

Toujours d’après ce Livre blanc, les forces chinoises devront réagir et lutter « avec détermination face à tout acte de provocation menaçant la souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale » de la Chine. Seulement, tout est question de sémantique.

En effet, le problème en Asie du Sud-Est porte essentiellement sur des différends territoriaux, comme en mer de Chine méridoniale par exemple, où la souveraineté sur plusieurs aires géographiques (Spratleys, Paracels) est revendiquée à la fois par la Chine et d’autres pays riverains. Et c’est aussi le cas avec Tokyo au sujet des îles Senkaku, lesquelles feraient partie intégrante du territoire chinois selon Pékin. Et l’on peut également citer le cas de Taïwan, considérée comme étant une province rebelle par la République populaire…

D’ailleurs, pour Pékin, les tensions observées en mer de Chine ne sont pas le fait des revendications chinoises mais celui de « certains pays », encouragés par les Etats-Unis, qui cherchent à renforcer leur présence dans la région Asie-Pacifique, étant donné que cette dernière est « devenu progressivement une zone importante pour le développement économique mondial et l’interaction stratégique entre les principales puissances. »

« Certains pays renforcent leurs alliances militaires dans la région Asie-Pacifique, accentuant leur présence militaire, et fréquemment, ils rendent la situation plus tendue », affirme, sans nommer Washington, ce Livre blanc.

Aussi, et alors qu’un effort significatif en la matière a été accompli au cours de ces dernières années, le document préconise de mettre encore davantage l’accent sur le développement des capacités navales de l’Armée populaire de libération (APL), laquelle a disposé d’un budget officiel de 76 milliards d’euros en 2012 . « La Chine est un grand pays, à la fois en termes maritimes et terrestres. Les mers et océans offrent l’immense espace et les abondantes ressources nécessaires au développement durable du pays et représentent donc une importance vitale pour le bien-être du peuple et le futur de la nation », y est-il affirmé.

« L’exploitation, l’utilisation et la protection des mers et océans, ainsi que l’élévation de la Chine au rang de grande puissance maritime, constituent une stratégie de développement national essentielle », est-il expliqué dans ce Livre blanc, lequel ajoute qu' »outre ses activités normales de préparation au combat, la marine de l’APL offre un appui en termes de sécurité pour les opérations maritimes d’application de la loi, la pêche et l’exploitation de pétrole et de gaz. »

Cela étant, l’on pourrait penser que ce document n’apporte rien de fondamentalement nouveau. Si ce n’est que, pour la première fois, le ministère chinois de la Défense, qui en est à l’origine, a donné des précisions sur l’ordre de bataille de l’APL alors que, justement, son manque de transparence était vivement critiqué par les Etats-Unis et le Japon.

Ainsi, les forces terrestres compteraient 850.000 soldats répartis dans 18 des unités opérationnelles mobiles composées par 18 corps combinés et plusieurs « divisions combinées indépendantes » mis à la disposition de 7 régions militaires (Chengdu, Guangzhou, Jinan, Lanzhou, Pékin, Nankin et Shenyang).

Les effectifs de la marine chinoise s’élèvent à 235.000 marins et se divisent entre 3 flottes (Beihai, Donghai et Nanhai). Quant à l’aviation, elle est organisée selon 7 commandements (comme pour les forces terrestres) et emploie 398.000 hommes. De cette dernière dépend un « corps aéroporté ».

Des informations ont également données au sujet du Second Corps d’Artillerie, qui dipose de bases de missiles, d’entraînement, d’unités de soutien spécialisées, d’académies et d’instituts de recherche. C’est à lui que revient la charge de mettre en oeuvre les missiles nucléaires balistiques intercontinentaux Dong Feng et les missiles de croisière Chang Jian.

Cela étant, cet effort de transparence reste très modeste. Ainsi, si l’on peut comprendre que rien n’a été dit au sujet des effectifs affectés aux opérations menées dans le cyberespace (lesquelles font l’objet de rapports récurrents en Occident), peu de précision ont été données sur le nombre et la nature des équipements mis en oeuvre par l’APL. Or, c’est pourtant là l’essentiel.

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