Wikipedia/DCRI : Un ancien sous-officier de la station hertzienne de Pierre-sur-Haute fait l’objet d’une enquête

En 2004, munie de toutes les autorisations nécessaires délivrées par le colonel commandant la base aérienne 942 de Lyon Mont Verdun, qui, lui-même, avait sollicité « l’administration centrale militaire », la chaîne de télévision locale TL7 réalisait un reportage sur la station hertzienne de Pierre-sur-Haute, dont la raison d’être est de relayer les communications interarmées.

A partir de ce document, un article a été publié par Wikipedia en 2009. Pour autant, cette station de télécommunications intéressait peu de monde et les informations diffusées à son sujet n’avaient pas mis en alerte la Direction de la Protection et de la Sécurité de la Défense (DPSD), dont la mission est de veiller à ce que des secrets militaires ne soient pas divulgués.

Seulement, tout a changé avec l’intervention de la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI), laquelle a demandé la suppression de l’article en question en faisant pression sur un contributeur bénévole de l’encyclopédie en ligne, sans préciser les points qui portaient atteinte au secret de la défense nationale. Résultat : les policiers ont obtenu l’effet inverse qu’ils recherchaient puisque la page, supprimée dans un premier temps, a été restaurée, puis traduite en plusieurs langues. C’est ce que l’on appelle l’effet Streisand.

L’on aurait pu penser que, après ce pataquès, l’affaire allait en rester là. Eh bien pas du tout. D’après LePoint.fr, le major commandant la station de Pierre-sur-Haute lors du reportage de TL7 ferait l’objet d’une enquête conduite par la DPSD pour « pour avoir dévoilé à la presse des matériels et des procédures classés secret défense. »

Pourtant, aucune information sensible concernant la dissuasion nucléaire n’a été donnée lors du sujet diffusé par cette télévision locale, lequel insistait surtout sur les conditions de vie des personnels travaillant sur le site. « Il s’agirait cette fois d’un simple boîtier aperçu durant quelques millisecondes dans le reportage mis en cause », croit savoir LePoint.fr, qui admet qu’en « qu’en matière nucléaire tout est secret, sans exception, et que chaque maillon, même le plus infime (…) a vocation à être protégé. »

Cette affaire pose plusieurs questions. Pourquoi la DCRI est allé marcher sur les plate-bandes de la DPSD, avec le succès que l’on sait? Pourquoi personne n’a rien trouvé à y redire depuis la diffusion du reportage en question, qui a été tourné voilà plus de 8 ans? Et si ce dernier contient une information aussi sensible pour faire autant de bruit, pourquoi le reportage de TL7 est toujours en ligne? Enfin, pourquoi seul le sous-officier de l’armée de l’Air, qui, apparemment, n’avait pas été accompagné par un officier communication comme il l’est d’usage pour ce genre de choses, seraient le seul à être inquiété alors que sa hiérarchie avait donné toutes les autorisations pour faire entrer une caméra dans cette station hertzienne?

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