Damas refuse la venue d’une mission d’enquête de l’ONU au sujet des armes chimiques

Le régime de Bachar el-Assad et l’opposition armée s’étant accusés mutuellement d’avoir utilisé des armes chimiques dans les régions de Damas et d’Alep, une équipe d’enquêteurs des Nations unies a été constituée afin d’y voir plus clair, et cela, à la demande des autorités syriennes ainsi que de la France et du Royaume-Uni.

Selon le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a ainsi indiqué, le 8 avril, depuis le siège de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), à La Haye, qu’une « première équipe est à Chypre et est dans la dernière phase » avant son départ vers la Syrie.

Cette dernière est composée essentiellement d’une quinzaine d’experts de l’OIAC et sera dirigé par le scientifique suédois Ake Sellström, lequel n’est pas un inconnu puisqu’il avait participé aux inspections des Nations unies visant l’arsenal irakien dans les années 1990. Aucun de ses membres ne viennent de pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU, très divisés sur le dossier syrien, ni même – et pour la même raison – de Turquie et des Etats arabes,

Quant à la mission de cette équipe, Ban Ki-moon a été clair. « Toutes les allégations feront l’objet d’enquêtes sans retard, sans conditions et sans exception », a-t-il affirmé. « Nous n’attendons plus que le feu vert du gouvernement syrien pour déterminer si des armes chimiques ont été déployées », a-t-il indiqué.

Sauf que Damas a refusé, plus tard, le même jour, la venue de cette mission des Nations unies, du moins telle qu’elle a été définie par Ban Ki-moon. Ainsi, le gouvernement syrien souhaite que l’enquête ne se limitaire qu’à un seul village où une attaque chimique aurait été lancée.

« La Syrie ne pouvait accepter de telles manoeuvres de la part du secrétariat général de l’ONU, tenant compte du rôle négatif qu’elle a joué en Irak et qui a ouvert la voie à l’invasion américaine » de 2003, a, par ailleurs, avancé un responsable syrien des Affaires étrangères, cité par l’agence officielle SANA.

Pour rappel, les Etats-Unis, mais aussi la France, ont affirmé à plusieurs reprises que l’usage d’armes chimiques par le régime de Bachar el-Assad est une ligne rouge qu’il ne doit pas franchir, sous peine d’une éventuelle intervention militaire.

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