Le Pentagone prend au sérieux les dernières menaces nord-coréennes

La Corée du Nord a une nouvelle fois donné dans la réthorique belliqueuse, le 26 mars, en faisant savoir qu’elle avait placé ses « troupes d’artillerie » ainsi que ses « unités spéciales stratégiques ».

Selon le commandement nord-coréen, ces dernières doivent se tenir prête à « attaquer toutes les bases militaires américaines dans la région Asie-Pacifique, y compris sur le continent nord-américain, Hawaï et Guam » et en Corée du Sud.

« Encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots » serait-on tenté de penser car les semaines se suivent et Pyongyang lance les mêmes menaces, à quelque chose près. Ainsi, la semaine passée, le régime nord-coréen avait averti qu’elle s’en prendrait aux bases américaines si les vol de bombardiers stratégiques B-52 se poursuivaient au-dessus de la Corée du Sud. Ils se sont poursuivis et il ne s’est rien passé.

Seulement, cette fois, et même si la portée des missiles nord-coréens est insuffisante pour mettre en péril les bases américaines situées dans le Pacifique (mais elle l’est pour atteindre celles implantées en Corée du Sud, voire au Japon), le Pentagone a indiqué ne pas prendre ces nouvelles menaces à la légère.

« Nous sommes préoccupés par toute menace brandie par les Coréens du Nord. Nous prenons très au sérieux tout ce qu’ils disent et font », a affirmé, le 26 mars, George Little, son porte-parole. « Washington est prêt à défendre son territoire et la Corée du Sud », a-t-il insisté.

« La rhétorique belliqueuse et les menaces de la Corée du Nord suivent un modèle destiné à accroître les tensions et à intimider les autres », a pour sa part commenté Jay Carney, le porte-parole de la Maison Blanche. Et la dernier avertissement verbal de Pyongyang « s’inscrit dans ce modèle et nous y répondons de la manière dont nous l’avons toujours fait », a-t-il ajouté.

Ce 27 mars, la Corée du Nord en a remis une couche en annonçant sa décision de couper la ligne téléphonique d’urgence avec le Sud. « A partir de maintenant, toutes les communications militaires Nord-Sud seront coupées », a expliqué l’agence officielle nord-coréenne KCNA, citant un responsable de l’armée. « Dans une situation où une guerre peut éclater à tout moment, il n’est plus besoin de maintenir » ces communications », a-t-elle fait valoir.

Qui plus est, KCNA a indiqué la tenue, d’ici la fin du mois, d’une réunion plénière du Bureau politique du Comité central du Parti du Travail de Corée (PTC) afin de « et décider d’une question importante pour faire avancer victorieusement la révolution coréenne et faire un virage drastique dans l’accomplissement de la cause révolutionnaire. »

Cela étant, même si l’armement de la Corée du Nord est désuet par rapport à celui mis en oeuvre par les forces américaines et sud-coréenne, il n’en reste pas moins qu’elle dispose d’importants atouts, à commencer par la taille de son armée et ses arsenaux d’armes chimiques, voire bactériologiques. Un général américain avait déclaré, en octobre 2009, que Pyongyang avait mis l’accent sur l’accent sur des tactiques de guerre asymétrique, voire non conventionnelle, en développant son programme de missile, ses capacités cybernétiques et la conception d’engins explosifs improvisés.

Qui plus est, l’armée américaine n’est pas forcément prête à relever le défi. C’est du moins ce qui en est ressorti d’une simulation de conduite des opérations appelée Unified Quest. Une des difficultés, sera, par exemple, de sécuriser les sites nucléaires nord-coréens qui sont implantés au milieu de la population civile. D’autres portent sur le manque « d’agilité opérationnelle » des troupes appelées à intervenir ou encore sur l’effort logistique à accomplir en peu de temps pour acheminer des renforts.

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