Le missilier MBDA redoute les conclusions du prochain Livre blanc sur la Défense

L’année 2012 aura été en demi-teinte pour le missilier MBDA, filiale commune à EADS, BAE Systems et Finmeccanica. Si le chiffre d’affaires de 3 milliards d’euros est stable par rapport à l’exercice précédent, en revanche, c’est au niveau du carnet de commandes que ça coince.

Depuis 2009, le volume de ce dernier est en baisse constante. De 12 milliards d’euros à l’époque, il est passé sous la barre des 10 milliards trois ans plus tard. Et les prises de commandes en 2012, d’un montant de 2,3 milliards (contre 2,6 milliards en 2011), ont été décevantes.

Et cela aurait pu être pire s’il n’y avait pas le contrat conclu avec New Dehli pour la fourniture de missiles air-air Mica. La raison de cette performance est liée à la situation économique des pays européens. Les commandes passés par les 4 pays à l’origine de MBDA ont péniblement atteint les 800 millions d’euros.

Et le missilier a tout à craindre des orientations du futur Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité nationales (LBDSN), à partir desquelles sera élaborée la prochaine Loi de Programmation Militaire (LPM). « Parmi les scénarios qui sont actuellement en revue, même le meilleur d’entre eux a des conséquences négatives significatives pour MBDA et pour l’ensemble des industriels de défense en France », a ainsi affirmé Antoine Bouvier, son Pdg.

Plusieurs programmes arrivés à maturité sont en effet sur la sellette. Il s’agit du missile ANL (anti-navire léger), attendu avec impatience par les Britanniques mais quo doit encore attendra l’aval du ministère français de la Défense pour être lancé, du successeur du missile antichar Milan (MMP, missile moyenne portée) et de l’amélioration de l’Aster 30.

Pourtant, au cours de l’été 2011, tout semblait sourire à MBDA, étant donné qu’un Comité ministériel d’investissement (CMI) avait donné son feu vert pour les programmes ANL et MMP ainsi que pour la modernisation d’autres programmes. De qui lui assurer au moins 600 millions d’euros annuels de chiffre d’affaires pendant 10 ans. Sauf que, avec l’alternance politique et le lancement du nouveau LBDSN, les contrats n’ont pas encore été signés. Pour autant, Antoine Bouvier veut encore y croire mais rien n’est absolument garanti.

Du coup, c’est sur les contrats à l’exportation que MBDA va mettre l’accent, en tâchant de faire en sorte qu’ils finissent par représenter, d’ici 2016, plus de 50% de son chiffre d’affaires.

Plusieurs contrats sont en jeu, comme le développement du missile SRAM (Short Range Surface to Air Missile) qui, mené en coopération avec le groupe indien Bharat Dynamics Limited, pourrait lui rapporter 1,8 milliard d’euros. Ou encore comme en Turquie, où le système de défense aérienne SAMP/T, conçu conjointement avec Thales au sein d’Eurosam, pourrait être choisi si Ankara se décide enfin à faire un choix. Enfin, la Malaisie pourrait être un marché prometteur dans la mesure où le pays aura besoin d’armer ses corvettes Gowind.

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