La Défense britannique doit s’attendre à de nouvelles coupes budgétaires

10 mars 2013 – 11:25

En 2010, et afin de remettre les finances publiques du pays à flot, le gouvernement de David Cameron a décidé de réduire de 8% le budget alloué au ministère britannique de la Défense (MoD). Seulement, la politique d’austérité budgétaire n’a pas porté ses fruits, étant donné que les prévisions de croissance se sont révélées trop optimistes et que l’inflation a été plus forte qu’attendu. Au final, les comptes ne se sont pas améliorés.

D’où la décision de tailler davantage dans les dépenses publiques et de ponctionner le budget des forces armées britanniques de 735 millions de livres pour la période 2013-2015, soit 20% de l’effort demandé à l’ensemble des ministères. Après, promis, juré, il n’y aura plus de coupes. Mieux même : un plan d’investissement de 159 milliards de livres sur 10 ans a été récemment annoncé.

En attendant, ces mesures d’économies ont contraint les forces britanniques à se réorganiser et à diminuer de format, avec un British Army réduite à 82.000 hommes à l’horizon de 2017. Les autres composantes ont également été affectées, avec, par exemple, une réduction du nombre d’avions de combat pour la Royal Air Force ou encore le retrait anticipé du service actif du porte-aéronefs HMS Ark Royal pour la Royal Navy.

Les plans ont également prévu de retirer les 20.000 militaires britanniques encore présents en Allemagne, ce qui, pour le coup, paraît une décision de bon sens, plus de 20 ans après la fin de la Guerre Froide. Les unités implantées outre-Rhin, pour certaines prestigieuses, vont changer de missions et troquer leurs chars de combats pour des véhicules blindés de patrouille ou de combat d’infanterie, quand elles ne seront pas appelées à disparaître.

Cela étant, il n’est pas acquis que les efforts budgétaires soient terminés en 2015. Cela dépendra évidemment de l’état des finances publiques. Et le Royaume-Uni n’en prend pas le chemin dans la mesure où ses perspectives économiques sont médiocres. Qui plus est, il vient de perdre son triple A auprès de l’agence Moody’s, ce qui n’était pas arrivé depuis 40 ans.

D’où l’hypothèse, “raisonnable”, envisagée par le RUSI (Royal United Services Institute) selon laquelle le MoD doit s’attendre à 11 milliards de livres de coupes budgétaires supplémentaires dans les 10 ans à venir.

Pour l’auteur du rapport publié par ce centre de réflexion, Malcolm Chalmers, si la situation économique ne s’améliore pas d’ici-là, ces coupes pourraient même être plus importantes en fonction de ce qui sera décidé à l’occasion de la prochaine revue des dépenses prévue en 2015, laquelle pourrait réduire le budget britannique de la défense de 2,5%. Là, les économies demandées seraient de l’ordre de 17 milliards de livres à l’horizon 2025.

Qui plus est, le plan d’équipement des forces britanniques de 159 milliards sur 10 ans va poser problème, dans la mesure où il n’est pas entièrement financé alors que 95% des engagements ont été pris. D’où de possibles nouvelles coupes dans les dépenses de fonctionnement

Cependant, les contraintes budgétaires n’empêchent pas les dépenses inutiles… Ainsi, un rapport parlementaire a mis en avant que le MoD avait dépensé 1,5 milliards de livres entre 2009 et 2011 pour des équipements dont il n’avait pas besoin. En plus, le rapport a même identié 3,4 milliards de livres d’achats de consommables qui n’ont pas été utilisés.

“C’est particulièrement irritant, surtout à un moment où le financement est serré et que le National Audit Office (Cour des comptes britanniques) a déjà signalé ce problème depuis plus de 20 ans”, a commenté Richard Bacon, l’un des membres du comité parlementaire chargé d’établir le rapport.

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  1. 23 commentaires à “La Défense britannique doit s’attendre à de nouvelles coupes budgétaires”

  2. Ne suivons pas le même chemin.
    La France n’est pas la GB.

    Par MP3 on mar 10, 2013

  3. Nous ne sommes pas la GB,c’est vrai, mais non seulement je pense que nous prenons le même chemin, mais encore une fois nous allons le prendre rapidement et nous serons les premiers comme toujours?????????????????????

    Par DRAILLET on mar 10, 2013

  4. Pour le retrait britannique d’Allemagne, il est avancé d’un an. 2019 au lieu de 2020.

    Par Frédéric on mar 10, 2013

  5. C’est le moment d’envahir la Grande-Bretagne comme ça, on venge l’Empereur et on évite de pénibles commémorations de Waterloo dans deux ans =D

    A ce rythme, l’Europe ne sera plus une force qui compte dans le monde à la fin de la décennie. Avec bientôt moins de 1,5% de notre PIB consacré à la Défense, quelles leçons de morale allons nous donner à ceux qui vivent sous le bouclier US? Nous serons condamnés à faire pareil et cela aura des conséquences autrement pénibles sur notre indépendance diplomatique que le retour dans le commandement intégré de l’OTAN.

    Par Lucien on mar 10, 2013

  6. @Lucien
    “…C’est le moment d’envahir la Grande-Bretagne comme ça, on venge l’Empereur et on évite de pénibles commémorations de Waterloo dans deux ans =D …”

    +1

    Par Naf57 on mar 10, 2013

  7. on a encore 5500 généraux on peut leur apprendre à tirer au famas.

    Par bruno on mar 10, 2013

  8. J’espere que on ne va pas suivre le meme chemin

    Par Luc on mar 10, 2013

  9. Les dépenses absurdes de 2009 à 2011 auraient pu être prévues…car ont probablement été provoquées par la réduction des budgets elle-même.
    Quoi de plus normal, quand les temps de disette sont à venir, de faire des provisions ?
    Il suffit d’imaginer que demain le gouvernement dise “bon ok les gars, pour le réchauffement climatique on va prendre des mesures : dans un an, on fonctionnera au ticket de rationnement pour l’essence, chacun aura droit à 10L par mois”. Rien de mieux pour créer une ruée sur l’or noir !

    En attendant il faut subir…bientôt ce sera notre tour (enfin encore plus).
    Une lueur d’espoir tout de même : à la sortie de la crise, on aura d grandes chances d’avoir des services publics “remis à neuf”. 50 ans de paix et de prospérité ont conduit nos services publics (défense, mais aussi les autres) à devenir des dinosaures, des usines à gaz faisant pour 10 milliards ce qu’elles auraient pu faire avec 5. Un peu de “sélection naturelle” fera du bien aux structures obsolètes de notre gouvernement. Mais ca va être un mauvais moment à passer, pour sûr.

    Par virgile on mar 10, 2013

  10. “C’est le moment d’envahir la Grande-Bretagne” :
    Avec quoi, une demi brigade légère et un seul TCD ?!

    30 ans d’ultra libéralisme (contraites budgétaires après mesures de rigueur) et on s’acharne à continuer de foncer dans le mur.

    Par casimir on mar 10, 2013

  11. d’une certaine manière l’Europe est fidèle à elle même, l’Europe est probablement le seul continent à ne pas se protéger de la mondialisation, elle veut faire pareil pour l’armée comme ça dans 20 ans on sera envahit, en fait c’est déjà le cas.

    Par Renaud de Chatillon on mar 10, 2013

  12. Les conservateurs peuvent être pires pour la défense que les travaillistes, ces jeunes dirigeants libéraux n’en ont rien à faire de la défense de l’europe ils pensent que de toute façon les US seront là pour assurer le cas échéant , bien sur ce n’est pas la même analyse pour l’europe continentale ni les mêmes risques , je ne sais pas si les conservateurs vont rester au pouvoir s’il n’y a pas rapidement un redressement économique.

    Par sentinelle 2 on mar 10, 2013

  13. Les Anglais dépensent mal aussi l’argent qu’ils mettent dans leur défense.
    Je pense aux SNA Astute, aux destroyers T45, aux porte-avions CVF, mais aussi au Typhoon ou au F-35. Et que dire de feu le Nimrod MRA4…

    Par MP3 on mar 10, 2013

  14. Au moment où le monde est assis sur des barils de poudre (MO,Asie, jihadisme,démographie) je me demande pourquoi nos leaders ne font pas les réformes pour dégager des marges de manoeuvre et poursuivre un effort de défense. Sans être un adhérent des thèses complotistes on peut être inquiet de la démission de nos élites, pire par bien des aspects en europe que celle de années 30. Que faire ?

    Par sentinelle 2 on mar 10, 2013

  15. 500 millions de petits chinois (1,7 milliards aujourd’hui), et moi et moi et moi,
    J’y pense et puis j’ oublie
    C’est la c’est la vie.

    Par Kellermann on mar 10, 2013

  16. Ce qui compte sur les États-Unis doivent savoir qu’ils réduisent leur contingent chez nous à toute vitesse :

    http://www.defense.gov/releases/release.aspx?releaseid=15842

    Par Frédéric on mar 10, 2013

  17. Pour la première fois depuis toujours, la Royale Navy n’est plus la plus puissante marine d’Europe (pas en terme de tonnage, mais en puissance d’attaque). Waterloo doit se retourner dans sa tombe!

    Par maerox on mar 10, 2013

  18. Bye bye Challenger 2…

    Par Sovngard on mar 10, 2013

  19. “on a encore 5500 généraux on peut leur apprendre à tirer au famas.”

    faut les muter au Mali, ils donnent de bonnes primes là-bas !

    Par Marie Claude on mar 10, 2013

  20. uh, les Anglais vont vouloir se marier avec nous, comme en 40…

    Par Marie Claude on mar 10, 2013

  21. @ Maerox, vous vouliez écrire Nelson je présume ?

    Par Frédéric on mar 10, 2013

  22. Frédéric.
    Oui, faut que je révise un peu mon histoire moi..

    Par maerox on mar 11, 2013

  23. Pour Waterloo je dirais Wellington.

    L’armée anglaise ne valait pas un clou sauf la Navy à cette époque.

    Par platoon94 on mar 11, 2013

  24. Rien de comparable avec quoi que ce soit.

    Le Royaume-uni (de Grande Bretagne et d’Irlande du nord) n’est que la roulette de queue, le nième état de la fédération USAméricaine.

    Son économie reste comme toujours prédatrice du travail des autres, la City n’est qu’une annexe délocalisée de Wall-Street.

    Sa défense n’est qu’une caisse à outils à disposition de l’Uncle Sam.

    Rien d’étonnant donc, à l’heure où les USAméricains se désengagent militairement d’Europe pour financer leurs prochaines aventures en Asie-Pacifique, rien d’étonnant à ce que les “britanniques” se désengagent eux aussi, pour s’enfermer sur le porte-avions qui leur sert de pays, et rentrer à la niche.

    Il n’y a rien à attendre des britanniques.
    Aucune solidarité,
    aucune volonté européenne.

    Mais qui donc aura enfin le courage de les sortir de l’Europe?

    Par Myshl Mabelle on mar 11, 2013

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