Cassidian négocie la prolongation des drones Harfang et l’éventuelle « francisation » des MQ-9 Reaper

Pour remplacer les drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) Harfang de l’armée de l’Air, il avait décidé, en juillet 2011, de retenir l’appareil israélien Heron TP, francisé par Dassault Aviation.

Cette solution devait permettre au constructeur français de maintenir l’activité de son bureau d’études et de préserver une base industrielle et technologique suffisante afin de préparer le prochain drone européen. Pour autant, cela avait donné lieu à des débats parfois vifs entre le Sénat et l’Assemblée nationale, le premier estimant qu’il eut été préférable d’acquérir l’appareil américain MQ-9 Reaper de General Atomics, lequel présentait l’avantage d’être armé en plus d’être moins cher.

Quoi qu’il en soit, les élections du printemps 2012 ont modifié la donne, le nouveau ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, ayant annoncé son intention de remettre à plat le dossier du drone MALE.

Depuis, le projet Telemos, porté par Dassault Aviation et BAE Systems, est passé aux oubliettes et le choix du Heron TP a été remis en cause. Dans le même temps, et alors que l’Allemagne et la Pologne ont manifesté leur intérêt pour le drone américain, comme l’ont fait avant le Royaume-Uni et l’Italie et qu’il est question de « mutualiser » certaines capacités au niveau européen, l’idée que l’armée de l’Air soit dotée à terme de MQ-9 Reaper est devenue plus que probable.

Mais en attendant, l’escadron de drones 1/33 Belfort, établi sur la base aérienne 709 de Cognac-Châteaubernard, devra composer pendant encore quelques années avec ses Harfang, dont le contrat de maintenance arrive à expiration en octobre 2013. D’où les négociations actuellement en cours avec Cassidian, la branche défense du groupe EADS, afin de le prolonger au moins jusqu’en 2017.

Mais, d’après l’agence Reuters, à qui s’est confié Luc Bourreau, le directeur général délégué de Cassidian, la filiale d’EADS est aussi actuellement en train de négocier l’éventuelle « francisation » du MQ-9 Reaper, au cas où l’appareil américain serait retenu et que Washington accepte de livrer les codes sources.

En décembre dernier, Laurent Collet-Billon, le délégué général à l’armement (DGA) a confirmé l’existence de discussions « informelles » entre la France et les Etats-Unis au sujet du drone de General Atomics. Une décision devrait être annoncée par M. Le Drian avant la fin du premier semestre.

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