La Russie veut acheter le système FELIN pour mieux… l’étudier

En février 2011, un responsable du ministère russe de la Défense avait affirmé que son pays entendait acquérir des exemplaires du système français FELIN (Fantassin à équipements et liaisons intégrées), développé par Sagem pour les besoins de l’armée de Terre. Cet intérêt pour cet équipement n’est pas nouveau : il en avait effet été question dès l’été 2009.

Le système FELIN permet aux combattants d’interagir avec la chaîne de commandement lors d’une opération, grâce à différents équipements informatiques, électroniques et optroniques, tout en leur offrant une meilleure protection balistique.

Cette fois, c’est le ministre russe de la Défense, Anatoli Serdioukov, qui a une nouvelle fois évoqué, le 1er novembre le système FELIN. « Nous avons l’intention d’acheter plusieurs systèmes de combat du « soldat du futur » pour les exploiter et les étudier » a-t-il déclaré.

Et d’expliquer : « Nous devons examiner cette question (…) et décider si nous devons fabriquer ces produits en coopération (avec un autre pays) ou si les produits de conception russe sont satisfaisants. Nous souhaitons faire une analyse comparative pour comprendre quel pays a réalisé les plus grands progrès, pour ne pas inventer ce qui existe déjà. »

La démarche de Moscou peut sembler curieuse car l’évaluation du système FELIN pourrait se faire sans forcément en acheter quelques exemplaires. Il suffirait pour cela que des responsables russes soient autorisés, par exemple, à assister à des manoeuvres impliquant des troupes françaises qui en sont dotées. Si le matériel convient, on fait affaire. Si ce n’est pas le cas, alors on cherche un autre fournisseur.

Cela étant, l’entreprise russe Kirassa développe actuellement son propre système de combat individuel, le Ratnik (« guerrier »), qui se veut le pendant du FELIN. En mars dernier, « La Voie de la Russie » a diffusé un reportage à son sujet, en mettant surtout l’accent sur sa capacité à protéger les combattants, avec un kit appelé « Permiatchka ».

A priori, le point faible du Ratnik concerne les équipements électroniques et les dispositifs de liaison. D’où l’intérêt pour le FELIN?

Quoi qu’il en soit, le ministre russe, qui était en visite officielle à Paris dans le cadre du Conseil annuel de coopération franco-russe sur la sécurité, a également abordé la coopération militaire avec la France.  » Nous avons proposé d’unir nos efforts dans les domaines de l’équipement du soldat du futur, de la construction de blindés et de la production de munitions », a-t-il ainsi affirmé.

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