Un major de la gendarmerie mis en examen pour “complicité d’orpaillage illicite” en Guyane
1 novembre 2012 – 10:16Le commandant de la brigade de gendarmerie de Régina, qui, située à 120 km au sud de Cayenne, est un haut lieu de l’orpaillage illégal en Guyane, a été mis en examen, le 29 octobre, pour “corruption passive” et “complicité d’orpaillage illicite” et placé en détention provisoire à la prison de Rémire-Monjoly.
Le procureur de la République de Cayenne, Ivan Auriel, a expliqué que ce major de 52 ans est accusé “d’avoir monnayé le passage de pirogues de nourriture, de marchandises et d’orpailleurs clandestins à destination de sites aurifères illégaux” et d’avoir fourni une “aide au séjour d’étrangers en situation irrégulière en bande organisée.”
Cela étant, le militaire nie les accusations portées à son encontre tout en ayant admis avoir fermer les yeux sur le passage de pirogues appartenant à “un agent de renseignement exceptionnel”, lequel lui aurait fourni des informations permettant d’arrêter d’autres orpailleurs clandestins. C’est, du moins, ce qu’a affirmé à l’AFP son avocat, Me Jérôme Gay.
Or, d’après le procureur, la hiérarchie du sous-officier n’a pas confirmé ses propos et a indiqué ne pas être au courant de ces pratiques. Et ce présumé agent de renseignement exceptionnel”, un ressortissant brésilien qui a été arrêté, a prétendu “avoir versé de l’argent au major pour qu’il laisse passer des pirogues.” Mais l’on imagine mal un trafiquant admettre être un indicateur dans la mesure où, comme tout finit par se savoir, il risque des représailles.
C’est d’ailleurs ce qu’a expliqué l’avocat du gendarme. “Un agent de renseignement n’avouera jamais en être un mais les interceptions de pirogues d’orpailleurs en Guyane sont le fruit de ce travail de renseignement” a-t-il avancé.
En attendant, deux juges d’instructions ont été saisis de l’affaire par le parquet de Cayenne. Quant au major, qui se dit “écoeuré”, il a demandé sa mise en retraite d’office. Le trafiquant brésilien, également placé en détention, a été mis en examen pour “corruption active et contrebande.”
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18 commentaires à “Un major de la gendarmerie mis en examen pour “complicité d’orpaillage illicite” en Guyane”
Avant d’arriver au grade de Major de gendarmerie celui-ci bioen noté a certainement transpiré quelque peu!
Il serait étonnant que d’un coup d’un seul, il ait changé de camp pour rejoindre celui des malfrats!
Le fond du problême se trouve certainement ailleurs ;car maîtrisant parfaitement son espace géographique de travail et de surveillance; il devait gêner la présence des orpailleurs dans cette zone …
Ceux-ci lui ont mis une “peau de banane” sur laquelle se sont précipitées les autorités locales, influencées par l’affaire de Marseilles-nord ou l’affaire Nayret…
Que ce Major en soit écoeuré et demande sa mise en retraite me semble logique et normale!
Quand un soldat n’a plus la confiance de ses chefs ,il dépose le fusil et le paquetage puis rentre à la maison!
Par Wrecker on nov 1, 2012
On ne doit jamais manÅ“uvrer seul un informateur car la limite est ténue entre manipuler et se faire manipuler. C’est d’ailleurs pourquoi les autorités hiérarchiques doivent être absolument mises dans la boucle. (En l’occurrence pour ce Major de Gendarmerie : le Procureur de la République et le Commandant de Compagnie.) Ce qui a, en plus, l’insigne avantage d’ouvrir le parapluie judiciaire et administratif.
Cela aurait eu le mérite d’éviter ce type de situation avec un délinquant qui se défausse en disant qu’il payait et un Major qui se défend en disant qu’il agissait au mieux.
Par Gwydyon on nov 1, 2012
@gwydyon
Oui, mais vous avez vu la gueule de la Guyane?
Tout mon soutien au major donc on peut espérer qu’il ait agi dans l’intérêt exclusif du service…
Et vive la présomption d’innocence…
Surtout quand on voit de qui viennent les accusations …
PS: en gendarmerie on devient pas major comme une fleure…
Par l'ancien cuirassier on nov 1, 2012
Mon cher l’ancien cuirassier
Je vous retourne votre argumentaire.
Si on ne devient pas Major comme une fleur en Gendarmerie, cela détermine que cet homme était assez expérimenté pour connaitre ce que j’ai indiqué.
Quant à la Guyane, sauf erreur de ma part, il s’agit d’un département français soumis aux lois de la République.
Enfin, je ne présume pas d’autre chose que de l’innocence de ce Major mais j’évoque seulement les nécessaires règles de bon sens qui évitent de se trouver dans sa situation.
La gestion des “aviseurs” des douaniers est soumise à des règles. La gestion des “tontons” des policiers aussi. La gestion des “informateurs” de la gendarmerie également. Ces règles étant faites pour protéger les gestionnaires de gens dont la moralité est au niveau zéro !
On ne travaille pas un agent pathogène de niveau 4 dans une arrière cuisine.
Par Gwydyon on nov 1, 2012
Mis en examen ne veut en rien dire coupable. Il est vrai que bien souvent cette procédure se confond dans les esprits avec une culpabilité. Laissons le long travail d’enquête et de d’instruction faire son chemin. Il reste néanmoins que ce Major soit être bien aigri. Il a raison de partir, c’est la meilleur solution. Mes pensées vont vers sa famille qui dans ces circonstances sont prisent aussi dans un grand tourbillon.
Par MICHOU on nov 1, 2012
@Wrecker: très bon commentaire .
Tout mon soutien a ce Major de gendarmerie
Par gerard on nov 1, 2012
Que vaut une parole de militaire , gendarme , policier face a des juges et avocats “gauchistes ” ? ?
Ils ont obligatoirement tort !
Par gerard on nov 1, 2012
- Notons que “le major a demandé sa mise à la retraite d’office”.Ce qui est une sage précaution , sans doute cette mesure a t elle été suggérée à ce” soldat de la loi” par sa hiérarchie compatissante .S’il est condamné dans la position ” en activité de service”,( ce qui, je crois , va arriver ), il peut perdre ses droits à pension…et s’il est en préventive, il doit avoir du lourd dans sa musette, le major !
Par crabe tambour on nov 1, 2012
Surtout à l’heure actuelle je reste très “circonspecte” quant à certaines affaires. Que ce soit pour les gendarmes des douanes accusés de s’être laissés graisser la patte dans un trafique de drogue ou que ce soit pour la Bac de Marseille. On sait pertinemment que les ripoux existent tout comment il est possible d’être victime d’un coup monté ou de chantage alors qu’on est probe et honnête. Il n’y a qu’au sujet de Michel Neyret que je ne pas de doutes, tout dans les indices (les grosses sommes d’argent en liquide, son train de vie, ses fréquentations, son style, ses relations dans le monde du show-bizz (c’est un pote à Olivier Marchal, lui c’est pas une lumière et il a fond dans le milieu show-bizz)) le désigne comme étant coupable d’y avoir goûté. Le décès du jeune engagé de St Cyr n’est pas net non plus, tout le monde sait que les pratiques de bizutags sont courantes, voire intrinsèques, en recrudescence, qu’elles se passent dans plein d’autres secteurs (les étudiants en Maths sup maths spé, en médecine, etc…) Pour les autres histoires que les journalistes nous jettent en pâture je ne dis pas que c’est vrai ni que c’est faux, je me méfie des éléments d’enquête qui sont mis en avant par la presse (sont-ils authentiques), on ne voit pas les protagonistes, ça fait beaucoup d’éléments incertains pour se prononcer.
Par Major Kusanagui on nov 1, 2012
Je lui souhaite le même traitement que pour un ” civil standard “. Mais la présomption coupable sévit très vite chez nous….
Par Olivier on nov 1, 2012
Je ne pense pas que les juges soient fou. Ils distingueront la gestion d’un indic de la corruption franche.
Je fais confiance en leur jugement, quelqu’il soit.
Par v_atekor on nov 1, 2012
@Gwydon
Ce que vous dites est tout à fait exact s’agissant de la gestion des “tontons”. Le réflexe militaire de “rendre compte” est une sécurité majeure en matière de traitement des indics.
La loi Perben 2 de 2004 a créé des indics officialisés. Maintenant, restons honêtes, une partie des indics sont traités en dehors de la procédure Perben 2. Mais alors, le fait d’utiliser ces indics doit être scrupuleusement partagé avec les collègues et avec la hiérarchie. Sinon le risque de dérives demeurent important. Le fait de “nourrir” le tonton sur l’argent ou les substances saisis peut engendrer des frontières trop poreuses entre le bien et le mal … Donc, MEF ! Sans parler de la création de caisses noires pour rémunérer les “indics”, ce qui étaient institutionnalisés, à une époque, chez nos amis de la police nationale, avec le risque de mettre d’autant plus facilemment la main dans le pot de confiture qu’il n’y avait, a fortiori, aucun suivi(comment cela se passe maintenant? Les caisses noires ont-elles disparues ??).
Il faut noter que la Guyane semble onnaître de très grands problèmes de promiscuité entre les services enquêteurs et la plus ou moins grande délinquance : la Police Nationale de Cayenne a également connu des problèmes similaires il y a quelques mois à peine !
Globalament les affaires Neyret, BAC Marseille Nord, Guyane et quelques autres qui ont fait moins de bruit (un commissaire de police suspendu il y a 3 ou 4 ans en région parisienne …) devraient mener à mettre en place une réflexion sur les indics et leurs rémunérations. En sachant qu’il y a un système qui me semble performant (car richement doté …) : c’est celui de la douane.
Par Pb75 on nov 2, 2012
Dans tout service de renseignement ou de police le traitement des “sources” est soumis à une règle intangible, le contrôle strict de la relation entre le traitant et sa source par la hiérarchie. Il est totalement irresponsable de vouloir manipuler une source seul. Les risques sont multiples et parmi eux, comme dans le cas présent, l’impossibilité de se justifier en cas de problèmes.
Par Celtibère on nov 2, 2012
C’est lamentable, la hiérarchie était au courant pas sur l’intégralité mais sur ce que tu dis le major. Des escadrons travaillent au quotidien avec la brigade de Régina ainsi que des d’autres unités comme la nautique, sans parler du commandant de compagnie….
Par VIPERE on nov 2, 2012
Le probléme de la >Guyane c est que nous sommes sur un continent sud américain….je vous laisse imaginer dans quel contexte vous évoluez…
L informateur risque sa vie, alors les belles paroles…allez y travailler un mois et on en reparle
Par VIPERE on nov 2, 2012
@celtibère
Les gens des “services” qui ont l’habitude de travailler avec les polices savent combien il est difficile de le faire dans la discrétion avec la gendarmerie.Contrairement à la police ,ils ne savent pas mettre une info sous leur bonnet …en attendant: ils sont dressés à RENDRE COMPTE A LEURS CHEFS.Donc j’ai un doute sérieux sur l’initiative individuelle du major.Il a été formaté pour rendre compte à son cdt. de compagnie,et s’il ne l’a pas fait , il le fait passer pour un jambon …et lui cache quelque chose !
Par crabe tambour on nov 2, 2012
@crabe tambour
Mouais … Je constate quand même que pour une des plus grosses arrestation de ces dernières années (l’affaire Barresi), la JIRS de Marseille a préféré saisir la police parisienne + la GENDARMERIE que “l’évêché” (la PJ locale). Donc, question sécurité des imformations je suis pas sur que la GN ait des leçons à recevoir!
Par Pb75 on nov 2, 2012
Les orpailleurs vont manger chaud sous peu ,si on en croit les nouvelles du “front guyanais” !
Des renforts commaks et pas des moindres sont attendus sur zone…
Des barrages fluviaux (minés?) sont déjà dressés aux points de passages obligés et c’est pas fini !…Celà n’étonne personne que des pirogues de ravitaillement se fassent coincer par les gendarmes locaux en quète de renseignements …Le ventre mou c’est toujours la Logistique !
Notre bon Major l’avait bien compris ,le reste c’est “donnant-donnant”…Dommage que ses patrons le laissent se démerder seul!
Mais “pas de couilles pas d’embrouilles “,avec ou sans compte-rendu,”pas vu pas pris”!
La confiance dans les subordonnés à 120 km de Cayenne ne semble pas ètre leur fort !
Par Wrecker on nov 2, 2012