Livre Blanc : Pour M. Guéhenno, « on a affiché des ambitions un peu décalées par rapport à nos moyens »

Le porte-parole adjoint du ministère de la Défense, le général Martin Klotz, a indiqué, le 12 octobre, que le « document final » du prochain Livre blanc sur la Défense ne sera rendu public qu’en février 2013.

Selon le calendrier dont il a donné le détail à l’AFP, un rapport d’étape doit en principe être établi à la mi-novembrer et, « après un examen préalable par le Conseil de défense et de sécurité de la Défense nationale, le document final sera publié en février prochain. » Par la suite, il servira à l’élaboration de la prochaine Loi de Programmation Militaire.

Les travaux pour ce Livre blanc ont été lancés en juillet par le président Hollande, lequel a nommé à la tête de la commission chargée de l’élaborer le diplomate Jean-Marie Guéhenno.

Justement, ce dernier les a évoqués le 4 octobre, devant la commission de la Défense et des Forces armées de l’Assemblée nationale. « Il faut partir d’un monde qui est celui de l’après-crise économique et financière, tirer les leçons de ce changement économique et financier du monde » a-t-il expliqué aux députés.

Abordant la perspectives de possibles abandons de capacités pour les forces françaises, Jean-Marie Guéhenno a jugé nécessaire de « trouver le juste équilibre entre différentes facettes de notre souveraineté : la souveraineté économique et financière et la souveraineté qui s’exprime à travers la défense. »

« Il ne faut pas, parce que l’on a des difficultés à court terme, créer l’irréversible (…) Si l’on fait des sacrifices, il faut faire des sacrifices qui n’hypothèquent pas la possibilité de remonter à plus long terme » a-t-il affirmé, en soulignant qu’en matière de défense, « on a affiché des ambitions un peu décalées par rapport à nos moyens. » Et de plaider ainsi pour la rédaction d’un Livre blanc en phase avec les « capacités réelles du pays. »

Du coup, il n’est pas impossible que la dissuasion nucléaire soit impactée à la marge, « certains ajustements » n’étant pas exclus, même si, a-t-il rappelé, le président Hollande a fixé « une orientation claire sur ce point », en décidant de maintenir les deux composantes – sous-marine et aéroportée – de la force de frappe française.

« Face à la conjoncture, il y a des inquiétudes (…) Il est très important que les armées voient qu’il y a un projet et qu’elles restent centrales dans la vie de la Nation » a-t-il aussi souligné. Et cela ne sera pas un luxe car les militaires ont la désagréable impression – justifiée ou pas – de faire plus d’efforts que les autres.

Un exemple? Le récent rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) concernant les agences gouvernementales. Pendant qu’il était demandé à la Défense de diminuer ses effectifs, ces dernières ont augmenté les leurs de 6% entre 2007 et 2012 et vu leurs moyens progresser de 15% sur la même période. D’où le constat fait par Bercy que « l’opportunité et les modalités de recours à ces agences n’ont pas relevé d’une stratégie d’ensemble cohérente. »

Enfin, Jean-Marie Guéhenno a confirmé son souhait de faire « tenir » ce Livre blanc sur « 120 pages », afin de permettre aux citoyens d’en débattre (ndlr, ce que l’on ne manquera pas de faire).

Par ailleurs, ce Livre blanc ne sera pas un document entièrement nouveau. La preuve en est avec les propos tenus le 24 septembre par Patricia Adam, la présidente de la Commission Défense à l’Assemblée nationale, en réponse à une question d’un député qui soulignait que le précédent avait été élaboré il y a seulement 4 ans.

« Il s’agit bien ici d’une réactualisation : le président de la Commission du Livre blanc, M. Jean-Marie Guéhenno, nous l’a d’ailleurs confirmé ; elle était de toute façon prévue par le Livre blanc de 2008, quel que soit le gouvernement en place » a-t-elle en effet admis. Le processus de cette mise à jour avait d’ailleurs été lancé par le président Sarkozy il y a peu plus d’un an.

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