Forces spéciales : L’exercice franco-saoudien Tigre 2 bat son plein

Depuis le 1er octobre, les forces spéciales françaises et saoudiennes sont engagées dans l’exercice Tigre 2, organisé dans le secteur de base aérienne 126 de Solenzara-Ventiseri, en Corse.

Ces manoeuvres, qui se termineront le 18 octobre, ont commencé par la phase dite Field Integration Training (FIT), rythmée par des briefings, des essais des réseaux de communication, la répétition des modes d’action (rehearsal) et la rédaction des premiers ordres.

Il s’agit ainsi, pour les participants, de se mettre en condition avant d’enchaîner avec la seconde étape de l’entraînement, appelée Field Training Exercices (FTX), au cours de laquelle ils entreront véritablement dans le vif du sujet.

Cette phase a commencé le 8 octobre, avec une journée de présentations statiques et dynamiques à l’intention des autorités militaires des deux pays. L’une d’entre elles a consisté à un largage de commandos à 1.800 mètres d’altitude afin de simuler la prise de contrôle d’une piste en vue de préparer le posé d’assaut de 4 avions de transport (des C-130 Hercules saoudiens et C-160 Transall de l’ET 3/61 Poitou). Un avion Rafale, ainsi que 7 hélicoptères ont été impliqués dans ce scénario.

A cette occasion, et après avoir rappelé que la coopération entre la France et l’Arabie Saoudite dans le domaine militaire est à la fois « étroite et ancienne », l’amiral Edouard Guillaud, le chef d’état-major des armées (CEMA), a précisé que cet exercice vise à « développer l’interopérabilité entre toutes les composantes (terre-air-mer) des forces spéciales sur le terrain. »

Son homologue saoudien, le général Hussein Abdallah Al Qobeil, a également évoqué « les relations excellentes entre les deux armées » tout en appelant à développer davantage « les échanges et la coopération dans tous les domaines. »

La France et l’Arabie saoudite organisent régulièrement des entraînements conjoints entre leurs forces armées. Ainsi, la première édition de l’exercice Tigre a eu lieu en 2011 dans le royaume saoudien, de même que Green Shield 2012, au cours duquel l’armée de l’Air a perdu un Mirage 2000D, suite à une collision en vol avec un F-15 de la Royal Saudi Air Force, en janvier dernier.

Bien que ces relations militaires soient « anciennes », les militaires saoudiens ne sont venus que très rarement en France (à part si l’on excepte, bien évidemment, ceux qui viennent en formation).

Il a fallu en effet attendre octobre 2009 pour que les forces aériennes saoudiennes déploient pour la première un détachement autonome en Europe, dans le cadre de l’édition 2009 de l’exercice Green Shield, organisée cette année-là à Dijon. Et il en est de même pour ces manoeuvres sur l’île de beauté car c’est la première fois que des forces spéciales saoudiennes sont déployées en Europe. D’où, selon Corse Net Infos, l’adaptation de la BA 126 à certaines contraintes, notamment pour les tenues vestimentaires des personnels féminins et, au niveau du mess, l’alimentation.

Au total, l’exercice Tigre 2 mobilise environ un millier d’hommes, dont 350 militaires saoudiens. Le reste des effectifs est essentiellement fourni par la Brigade des Forces Spéciales Terre (BFST), composée par le 1er Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine (RPIMa), le 13ème Régiment de Dragons Parachutistes (RDP) et le 4ème Régiment d’Hélicoptère des Forces Spéciales (RHFS). Des commandos Marine sont également impliqués, de même que des appareils de l »ET 3/61 Poitou et des commandos de l’air.

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